{"id":102,"date":"2018-04-23T06:58:07","date_gmt":"2018-04-23T04:58:07","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/?p=102"},"modified":"2018-04-21T16:03:31","modified_gmt":"2018-04-21T14:03:31","slug":"place-aux-createurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/2018\/04\/23\/place-aux-createurs\/","title":{"rendered":"Place aux cr\u00e9ateurs !"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Au beau milieu de cet hiver, la jeune revue trimestrielle <em>La cinqui\u00e8me saison<\/em> a publi\u00e9 son deuxi\u00e8me num\u00e9ro sous le titre <em>\u00c0 pierre fendre. <\/em>La publication propulse la litt\u00e9rature romande hors de ses r\u00e9gionalismes \u00e9troits et exalte son universalit\u00e9, sa litt\u00e9rarit\u00e9, tout en conservant sa vari\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9ditorial de Christophe Gaillard s\u2019ouvre sur le probl\u00e8me de la d\u00e9finition de la litt\u00e9rature romande, sur son autonomie et son identit\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un espace \u00e9ditorial francophone de plus en plus globalis\u00e9 et toujours en relation avec l\u2019hexagone. Une question non seulement pertinente, mais n\u00e9cessaire, car elle probl\u00e9matise l\u2019un des piliers \u00e0 la base de toute culture, \u00e0 savoir sa propre litt\u00e9rature. La r\u00e9ponse est laiss\u00e9e \u00e0 Bastien Fournier avec \u00ab\u00a0Notre Litt\u00e9rature\u00a0\u00bb<em>, <\/em>le second volet de l\u2019introduction de ce num\u00e9ro. Fournier reconna\u00eet l\u2019universalit\u00e9 de la Litt\u00e9rature (\u00ab\u00a0Un \u00e9crivain n\u2019a pas de patrie\u00a0\u00bb), n\u00e9anmoins, l\u2019amour pour la Romandie l\u2019emporte\u00a0: \u00ab\u00a0Notre romandit\u00e9 nous pousse \u00e0 aimer, \u00e0 qualit\u00e9 \u00e9gale, un livre romand plus qu\u2019un livre \u00e9tranger, \u00e0 nous irriter davantage d\u2019un compatriote m\u00e9diocre que d\u2019un m\u00e9diocre \u00e0 l\u2019autre bout du monde\u00a0\u00bb. Si une litt\u00e9rature proprement romande est une question sans doute impossible \u00e0 d\u00e9finir, l\u2019existence d\u2019un \u00ab\u00a0milieu litt\u00e9raire romand\u00a0\u00bb, m\u00eame fragment\u00e9, se constate ais\u00e9ment. Ainsi, la r\u00e9ponse de Fournier ne se limite pas \u00e0 une explication th\u00e9orique, mais l\u00e9gitime l\u2019effort de <em>La cinqui\u00e8me saison <\/em>qui se veut la caisse de r\u00e9sonance de cette production romande qui ne demande qu\u2019\u00e0 \u00eatre d\u00e9couverte, diffus\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais quel genre de litt\u00e9rature <em>La cinqui\u00e8me saison <\/em>veut-elle populariser\u00a0? \u00ab\u00a0Notre litt\u00e9rature\u00a0\u00bb est \u00e0 cet \u00e9gard exemplaire. Dans ce plaidoyer en faveur de la litt\u00e9rature romande le langage po\u00e9tique s\u2019entrem\u00eale avec la critique\u00a0; de la m\u00eame mani\u00e8re la revue occupe une place hybride dans le milieu litt\u00e9raire romand. Avec plaisir, lors de ma premi\u00e8re lecture j\u2019ai d\u00e9couvert la juxtaposition de textes cr\u00e9atifs et critiques, le tout enrichi de quatre illustrations d\u2019Albertine qui s\u00e9parent les sections du recueil. De ce fait, la revue se constitue comme pont entre les \u00e9tudes acad\u00e9miques et la cr\u00e9ation contemporaine\u00a0: un choix heureux qui offre une vision d\u2019ensemble du milieu litt\u00e9raire romand, avec toute sa richesse et multiplicit\u00e9, \u00e0 un public ample.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la premi\u00e8re partie de la revue, le lecteur rencontre la fantaisie polymorphe de ce \u00ab\u00a0milieu litt\u00e9raire romand\u00a0\u00bb. Il s\u2019agit d\u2019une s\u00e9rie de petites narrations qui font preuve d\u2019une imagination qui explore l\u2019intimit\u00e9 de la conscience humaine dans son rapport \u00e0 soi-m\u00eame, \u00e0 l\u2019autre, \u00e0 la nature et \u00e0 la mort. On ne s\u2019ennuie pas \u00e0 parcourir ces mondes fictifs : parfois classiques comme les narrations en prose d\u2019Anne Bottani-Zuber, Michel Layaz, C\u00e9line Cerny, Philippe Graf, Sacha Despr\u00e9s ou Pablo Jakob\u00a0; d\u2019autres plus inattendues, comme le po\u00e8me-chansonnette de Pierre-Andr\u00e9 Milhit, \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9couter, mais aussi le flux de conscience de Ivan Salamanca et de Laure Federiconi, \u00a0ou encore les vers libres de Thierry Dubois, sans oublier le drame de David Amherdt. Une richesse de voix qui se cl\u00f4t par la section \u00ab\u00a0Po\u00e9sie\u00a0\u00bb rassemblant trois po\u00e8mes de Antonio Rodriguez, St\u00e9phane Montavon et St\u00e9phane Blok.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En seconde partie, la section \u00ab\u00a0Critique\u00a0\u00bb fournit un aper\u00e7u du panorama de la litt\u00e9rature romande contemporaine. D\u2019une revue qui a comme objectif de promouvoir la litt\u00e9rature romande, on pourrait s\u2019attendre \u00e0 ce qu\u2019elle ne fasse qu\u2019encenser ses livres bien aim\u00e9s. Pourtant, ce n\u2019est pas le cas. Les chroniqueurs lancent parfois des piques lorsque la critique l\u2019exige, tout en favorisant la d\u00e9couverte plut\u00f4t que l\u2019\u00e9valuation. Le but de la revue est bien de donner la parole \u00e0 toute voix romande, sans hi\u00e9rarchie pr\u00e9\u00e9tablie. Dans l\u2019article \u00ab\u00a0Le <em>march\u00e9 <\/em>de la litt\u00e9rature, la cr\u00e9ation libre et la po\u00e9sie\u00a0\u00bb, Fr\u00e9d\u00e9ric Wandel\u00e8re interroge l\u2019influence commerciale et culturelle des grands m\u00e9dias et des institutions politiques. Il d\u00e9nonce une mentalit\u00e9 trop d\u00e9bitrice du marketing et des lois du profit. <em>La cinqui\u00e8me saison <\/em>se propose, tr\u00e8s justement et avec succ\u00e8s, comme contrepoids \u00e0 cette logique\u00a0: un bastion de la litt\u00e9rature romande qui ne se soumet pas au diktat du nombre de copies vendues. Particuli\u00e8rement bien trouv\u00e9e, la rubrique \u00ab\u00a0Le livre que je n\u2019ai pas lu\u00a0\u00bb pr\u00e9sente un aspect normalement oubli\u00e9 de la litt\u00e9rature, c\u2019est-\u00e0-dire, tous ces livres qui font partie de notre bagage culturel mais qu\u2019on n\u2019a jamais lus. Il est int\u00e9ressant, voire amusant, de d\u00e9couvrir qu\u2019on ne peut ou qu\u2019on ne veut pas tout lire\u00a0dans une revue qui encourage \u00e0 la lecture\u00a0! N\u00e9anmoins, on conna\u00eet certains livres tout de m\u00eame\u00a0: ils habitent, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, notre imaginaire et notre m\u00e9moire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00c0 pierre fendre, <\/em>deuxi\u00e8me num\u00e9ro de <em>La cinqui\u00e8me saison,<\/em> offre un passionnant voyage dans le milieu litt\u00e9raire romand. On y trouve une diversit\u00e9 de voix, rythmes, styles, et, finalement, pens\u00e9es qui stimulent autant l\u2019esprit que le d\u00e9sir de lire davantage. J\u2019ai d\u00e9couvert une revue fra\u00eeche et engageant qui atteint son objectif fondamental\u00a0: faire conna\u00eetre \u00e0 360 degr\u00e9s le milieu litt\u00e9raire romand. J\u2019attends alors le prochain num\u00e9ro, pour continuer cette exploration d\u2019un monde aussi vari\u00e9 dans les diff\u00e9rences de ses \u00e9crivains que coh\u00e9rent dans leur attachement \u00e0 leur terre natale.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Daniele Frescaroli<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 10pt;\"><em>La Cinqui\u00e8me Saison. Revue litt\u00e9raire romande<\/em>, n<sup>o<\/sup> 2, janvier 2018. 176 pages.<\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 10pt;\">(Ed. Association de <em>La cinqui\u00e8me saison<\/em>, 1800 Vevey. Direction litt\u00e9raire : C\u00e9dric Pignat. Comit\u00e9 de r\u00e9daction : C\u00e9dric Pignat, Julien Sansonnens, Christophe Gaillard, Arthur Billerey)<\/p>\n<p style=\"text-align: center; font-size: 10pt;\">Fr. 15.-. Abonnement annuel\u00a0: Fr. 50.-<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au beau milieu de cet hiver, la jeune revue trimestrielle La cinqui\u00e8me saison a publi\u00e9 son deuxi\u00e8me num\u00e9ro sous le titre \u00c0 pierre fendre. La publication propulse la litt\u00e9rature romande hors de ses r\u00e9gionalismes \u00e9troits et exalte son universalit\u00e9, sa litt\u00e9rarit\u00e9, tout en conservant sa vari\u00e9t\u00e9. 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