{"id":1033,"date":"2021-11-01T06:00:00","date_gmt":"2021-11-01T05:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/?p=1033"},"modified":"2021-10-31T19:23:49","modified_gmt":"2021-10-31T18:23:49","slug":"reconnaissances-une-rencontre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/2021\/11\/01\/reconnaissances-une-rencontre\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Reconnaissances\u00a0\u00bb, une rencontre ?"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Revenir sur son \u0153uvre par un livre, c&rsquo;est le pari os\u00e9 que rel\u00e8ve Catherine Safonoff dans&nbsp;<em>Reconnaissances<\/em>, un texte paru aux \u00e9ditions Zo\u00e9 en ao\u00fbt 2021. Intriguant ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">En 2016, Catherine Safonoff avait publi\u00e9&nbsp;<em>La distance de fuite<\/em>, un roman qu&rsquo;elle disait alors \u00eatre son dernier. Pourtant, en 2021, para\u00eet&nbsp;<em>Reconnaissances<\/em>, un r\u00e9cit particulier qui se veut un p\u00e8lerinage au sein de son \u0153uvre, une r\u00e9-exploration de ses id\u00e9es et de ses personnages. Son titre exprime selon l&rsquo;autrice la reconnaissance d&rsquo;une dette envers les personnes aim\u00e9es, parmi lesquelles Katerina, po\u00e9tesse et traductrice grecque, en compagnie de laquelle Catherine Safonoff avait s\u00e9journ\u00e9 lors de l&rsquo;\u00e9criture de son deuxi\u00e8me texte,&nbsp;<em>Retour, retour<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Faire sa propre gen\u00e8se&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Revenir sur ses douleurs, sur ses erreurs, pour expliquer son \u0153uvre, s&rsquo;en impr\u00e9gner.&nbsp;Catherine Safonoff nous offre par ce texte l&rsquo;opportunit\u00e9 de la \u00ab reconna\u00eetre \u00bb, pas uniquement en tant qu&rsquo;\u00e9crivaine, mais \u00e9galement en tant qu&rsquo;\u00eatre humain. Pour la premi\u00e8re fois, elle nous livre des parts intimes, souvent demand\u00e9es par les lecteurs et lectrices :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-left\"><p><em>Remarques d&rsquo;un lecteur : vous donnez des versions contradictoires du suicide de votre p\u00e8re, vous passez sous silence les derniers jours de votre m\u00e8re.&nbsp;<\/em><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><em>Reconnaissances<\/em>&nbsp;est donc tout d&rsquo;abord un livre de l&rsquo;intime, r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;un journal de bord dans lequel on pourrait lire les pens\u00e9es de Catherine Safonoff, ses souvenirs et ses peines, notamment l&rsquo;abandon de ses filles&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Mais le livre revient \u00e9galement sur la gen\u00e8se de l&rsquo;\u00e9criture, il recompose son chemin d&rsquo;\u00e9criture en retra\u00e7ant la cr\u00e9ation de ses ouvrages pr\u00e9c\u00e9dents. Avec sa plume incisive qui imite la mani\u00e8re rapide dont la pens\u00e9e peut fonctionner, Catherine Safonoff revient sur des sujets qui ont su la captiver, tel que l&rsquo;interdit qui entoure l&rsquo;\u00eele de Leros, mais \u00e9galement sur ses personnages dont elle raconte la naissance :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-left\"><p><em>Mon portrait d&rsquo;elle p\u00e2lit, j&rsquo;ai parl\u00e9 cent fois de cette femme, r\u00e9p\u00e9tant o\u00f9 et comment nous nous sommes rencontr\u00e9es, par quel hasard pour moi miraculeux, n\u00e9cessaire. Katerina est d&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 mon personnage, je suis sa petite suivante, il me la fallait, il me la faut encore.&nbsp;<\/em><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Catherine Safonoff questionne le lien entre r\u00e9el et \u00e9criture, entre v\u00e9cu et fictionnalit\u00e9. Katerina est un personnage de son \u0153uvre qui \u00e9volue finalement ind\u00e9pendamment de la figure l&rsquo;ayant inspir\u00e9. Ce faisant,&nbsp;<em>Reconnaissances<\/em>&nbsp;interroge la capacit\u00e9 d&rsquo;une \u0153uvre \u00e0 vivre hors de sa cr\u00e9atrice, \u00e0 l&rsquo;image de l&rsquo;ind\u00e9pendance de Katerina :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-left\"><p><em>Je revois notre accolade d&rsquo;au revoir. Je l&rsquo;ai aim\u00e9e plus qu&rsquo;elle ne m&rsquo;a aim\u00e9e, et c&rsquo;est bien ainsi. Sa joie de partir pour l&rsquo;Am\u00e9rique, de revoir le professeur d&rsquo;Iowa, ses grandes esp\u00e9rances, sa petite personne claudiquante, \u00e9clatante, radieuse : cet instant est absolu. C&rsquo;est midi. Elle r\u00e9appara\u00eet sur le pont, me fait signe, puis le sillage blanc l&#8217;emporte.&nbsp;<\/em><\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Par le r\u00e9cit de ses souvenirs d&rsquo;\u00e9criture, Catherine Safonoff r\u00e9actualise son \u0153uvre tout en ressuscitant ses personnages qui apparaissent alors sous un jour plus intime. Elle dessine ses grands-parents, ses derniers instants avec sa m\u00e8re ou la relation ambigu\u00eb entre ses parents et propose \u00e0 son lectorat de plonger dans sa source d&rsquo;inspiration principale, son v\u00e9cu. Ce livre offre une d\u00e9marche \u00e9tonnante et op\u00e8re une \u00ab reconnaissance \u00bb qui va de l&rsquo;autrice \u00e0 la femme.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Catherine Safonoff,&nbsp;<em>Reconnaissances<\/em>, \u00c9ditions Zo\u00e9, 2021, 144 pages.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Revenir sur son \u0153uvre par un livre, c&rsquo;est le pari os\u00e9 que rel\u00e8ve Catherine Safonoff dans&nbsp;Reconnaissances, un texte paru aux \u00e9ditions Zo\u00e9 en ao\u00fbt 2021. Intriguant ?&nbsp; En 2016, Catherine Safonoff avait publi\u00e9&nbsp;La distance de fuite, un roman qu&rsquo;elle disait alors \u00eatre son dernier. 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