{"id":1062,"date":"2021-12-21T09:08:34","date_gmt":"2021-12-21T08:08:34","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/?p=1062"},"modified":"2021-12-21T09:08:35","modified_gmt":"2021-12-21T08:08:35","slug":"la-patience-du-serpent-ou-linfluence-des-rencontres-dans-la-vie-nomade","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/2021\/12\/21\/la-patience-du-serpent-ou-linfluence-des-rencontres-dans-la-vie-nomade\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0La patience du serpent\u00a0\u00bb ou l&rsquo;influence des rencontres dans la vie nomade"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left\">Traductrice et autrice d\u2019origine zurichoise, Anne Br\u00e9cart a publi\u00e9 deux nouvelles, un livre pour enfant ainsi que six romans, dont&nbsp;<em>La Femme provisoire&nbsp;<\/em>(2015)<em>&nbsp;<\/em>et&nbsp;<em>C\u0153urs silencieux&nbsp;<\/em>(2017) pour les plus r\u00e9cents. Son dernier ouvrage paru en 2021,&nbsp;<em>La Patience du serpent<\/em>, \u00e9voque \u00ab&nbsp;ces nouveaux nomades qui ont fait de la vie errante une philosophie, un combat, une r\u00e9volution intime&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Christelle, Greg et leurs deux enfants, Dan et Luca, voyagent en bus \u00e0 la recherche d\u2019un lieu de vie. Bien que le quotidien en Suisse leur soit agr\u00e9able, l\u2019id\u00e9e d\u2019un espace exceptionnel \u00ad\u2013 puisque choisi \u00ad\u2013 reste vivace dans leurs esprits. Lors de l\u2019arriv\u00e9e au Mexique, \u00e0 San Tiburcio, l\u2019exp\u00e9rience se r\u00e9v\u00e8le diff\u00e9rente et la tentation de la s\u00e9dentarit\u00e9 appara\u00eet. Christelle, tout particuli\u00e8rement, s\u2019interroge sur sa vie de m\u00e8re, d\u2019\u00e9pouse et de femme suite \u00e0 un \u00e9change myst\u00e9rieux, presque mystique, avec Ana Maria. L\u2019ensemble du roman c\u00e9l\u00e8bre la rencontre, avec les familles de nomades ou les locaux. \u00c0 chaque fois, la confrontation avec l\u2019Autre est synonyme de r\u00e9flexion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">D\u00e8s l\u2019<em>incipit<\/em>, Christelle s\u2019\u00e9tonne des diff\u00e9rences entre les civilisations d\u2019Am\u00e9rique du sud et d\u2019Europe. Lors d\u2019une veill\u00e9e fun\u00e8bre, le personnage principal s\u2019\u00e9tonne&nbsp;:<strong>&nbsp;<\/strong>\u00ab&nbsp;Tous avaient l\u2019air de penser que les morts fulgurantes faisaient partie des lois de la nature, aussi \u00e9l\u00e9mentaires qu\u2019un lever de soleil ou le ressac du Pacifique dont le bruit entrait par les fen\u00eatres ouvertes&nbsp;\u00bb. Entre apaisement et tristesse, la vision de la mort distingue les deux cultures. Christelle initiera alors une remise en question de son mode de vie apr\u00e8s deux avertissements des \u00ab Moiras&nbsp;\u00bb, symboles de la destin\u00e9e. Greg, quant \u00e0 lui, d\u00e9couvre l\u2019importance du corps gr\u00e2ce au&nbsp;<em>temazcal<\/em>, une c\u00e9r\u00e9monie mexicaine de purification spirituelle. Ainsi, l\u2019\u00e9crivaine nous emporte dans un autre univers, celui des nomades et de leurs d\u00e9couvertes du pays \u00e9tranger. Savamment r\u00e9dig\u00e9e, l\u2019histoire met en contact la civilisation europ\u00e9enne et mexicaine gr\u00e2ce aux \u00e9changes avec Ana Maria et son fr\u00e8re German, tout en ne taisant pas les peurs et les doutes qui jonchent les trajets.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><em>La Patience du serpent<\/em>\u00a0d\u00e9peint \u00e9galement, en filigrane, les questionnements existentiels et l\u2019angoisse du choix que connaissent Christelle et Greg. Tous les deux essaient d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment de s\u2019enfuir du quotidien et surtout du connu. Faut-il rester ou partir\u00a0? Serons-nous heureux ici\u00a0? Toutes ces questions, qui ne comportent pas d\u2019<em>ultima veritas<\/em>, t\u00e9moignent d\u2019une volont\u00e9 d\u2019emprise sur un avenir pourtant impr\u00e9cis. L\u2019heure du choix approchant \u00e0 mesure que l\u2019\u00e9pargne s\u2019amoindrit, Christelle et Greg vont devoir se confronter \u00e0 leurs d\u00e9mons, personnifi\u00e9s sous la forme de serpents.\u00a0<em>La Patience du serpent\u00a0<\/em>d\u2019Anne Br\u00e9cart r\u00e9unit tous les plaisirs de la lecture, qu\u2019il s\u2019agisse de la narration, du style ou des descriptions qui font voyager le lecteur dans les contr\u00e9es mexicaines. La nature, discr\u00e8te mais omnipr\u00e9sente dans le r\u00e9cit, se r\u00e9v\u00e8le par moments \u00e0 travers le regard \u00e9merveill\u00e9 de Christelle\u00a0: \u00ab\u00a0Elle aime les chants des oiseaux. Elle les adore tous, des plus harmonieux aux plus criards. En marchant elle rep\u00e8re les perruches, les \u00e9cureuils et des iguanes qui baladent leur longue t\u00eate rid\u00e9e et grise au-dessus des fleurs luxuriantes avec une lubricit\u00e9 impuissante\u00a0\u00bb. Le roman d\u2019Anne Br\u00e9cart invite r\u00e9solument au voyage et \u00e0 la douce r\u00eaverie. Il serait dommage de s\u2019en priver.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Anne Br\u00e9cart,\u00a0<em>La Patience du serpent<\/em>, Gen\u00e8ve, Zo\u00e9, 2021, 190 pages.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Traductrice et autrice d\u2019origine zurichoise, Anne Br\u00e9cart a publi\u00e9 deux nouvelles, un livre pour enfant ainsi que six romans, dont&nbsp;La Femme provisoire&nbsp;(2015)&nbsp;et&nbsp;C\u0153urs silencieux&nbsp;(2017) pour les plus r\u00e9cents. Son dernier ouvrage paru en 2021,&nbsp;La Patience du serpent, \u00e9voque \u00ab&nbsp;ces nouveaux nomades qui ont fait de la vie errante une philosophie, un combat, une r\u00e9volution intime&nbsp;\u00bb. 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