{"id":1072,"date":"2022-03-07T08:29:57","date_gmt":"2022-03-07T07:29:57","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/?p=1072"},"modified":"2022-03-07T08:32:32","modified_gmt":"2022-03-07T07:32:32","slug":"un-seul-roman-une-vie-durant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/2022\/03\/07\/un-seul-roman-une-vie-durant\/","title":{"rendered":"Un seul roman, une vie durant"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Avec le sixi\u00e8me volume de ses&nbsp;<em>Journaux<\/em>, Paul Nizon ach\u00e8ve temporairement son grand projet litt\u00e9raire.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Il n\u2019a \u00ab&nbsp;point de programme, point d\u2019engagement, point d\u2019histoire, point d\u2019affabulation, point de fil d\u2019un r\u00e9cit<a href=\"applewebdata:\/\/5D8F931D-16A5-4A90-8D7A-70566D4C3B40#_edn1\"><sup>[i]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb, pr\u00e9tendait le h\u00e9ros narrateur du premier roman de Paul Nizon. Intitul\u00e9&nbsp;<em>Canto<\/em>, l\u2019ouvrage paraissait en 1963, voil\u00e0 bient\u00f4t soixante ans. Aujourd\u2019hui, l\u2019intention artistique de l\u2019auteur n\u2019a en rien perdu de sa validit\u00e9. Il est m\u00eame possible qu\u2019il ne l\u2019ait jamais suivie aussi consciencieusement que dans ses&nbsp;<em>Journaux<\/em>, dont le sixi\u00e8me volume est paru r\u00e9cemment.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Ces&nbsp;<em>Journaux<\/em>&nbsp;sont des souvenirs diss\u00e9min\u00e9s, des portraits d\u2019artistes, des lettres et des fragments de romans, que Paul Nizon a compil\u00e9s dans son atelier afin de s\u2019\u00e9chauffer \u00e0 l\u2019\u00e9criture, comme il dit. Pris s\u00e9par\u00e9ment, ces exercices de style seraient sans grande valeur. Mais dans leur ensemble, ils refl\u00e8tent la pens\u00e9e de Paul Nizon, sa vie et ses \u00e9crits avec la plus grande pr\u00e9cision, et de mani\u00e8re encore plus d\u00e9taill\u00e9e que ses romans.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h4 class=\"has-text-align-left\"><strong>Une coh\u00e9rence \u00e0 toute \u00e9preuve<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">\u00c0 la lecture de ces&nbsp;<em>Journaux<\/em>, on s\u2019imagine au c\u0153ur de l\u2019une des retraites litt\u00e9raires de cet homme de langue, qui ne trouve de sens au monde qu\u2019\u00e0 travers les mots. On passe le seuil et on observe Paul Nizon transformer sa vie parisienne, son quotidien dans sa ville adoptive, en phrases qui petit \u00e0 petit forment une \u0153uvre litt\u00e9raire, dans laquelle tout cela reprend vie&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pour moi, les \u00e9v\u00e8nements du quotidien, c\u2019est-\u00e0-dire tout ce qui est, tout ce qui se passe, ne vit vraiment et r\u00e9ellement que lorsque je peux les dire, quand ces \u00e9v\u00e8nements deviennent mots<a href=\"applewebdata:\/\/5D8F931D-16A5-4A90-8D7A-70566D4C3B40#_edn2\"><sup>[ii]<\/sup><\/a>&nbsp;\u00bb \u00e9crit-il dans son nouveau livre. \u00ab&nbsp;Sans les mots, le vide, le n\u00e9ant. La vie est une mission donn\u00e9e \u00e0 l\u2019art.&nbsp;\u00bb L\u2019art donne son sens \u00e0 la vie, et la vie est au service de l\u2019art&nbsp;; c\u2019est ainsi que Paul Nizon d\u00e9finissait, et d\u00e9finit encore, l\u2019art.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Cela ne fait aucun doute, l\u2019\u00e9volution de son univers linguistique au fil des d\u00e9cennies est quasiment imperceptible. Les sujets, si tant est qu\u2019il y en ait, sont rest\u00e9s les m\u00eames. Il y a l\u2019ann\u00e9e en Italie et son aventure romaine, Maria. Il y a l\u2019histoire d\u2019amour impossible avec Odile, de 26&nbsp;ans sa cadette&nbsp;; il y a ses amis et mod\u00e8les Vincent van Gogh, Elias Canetti ou Max Frisch. Il y a le sexe, il y a Paris, aux yeux de Paul Nizon le plus grand ouvrage d\u2019art qui soit. Tout cela est d\u00e9j\u00e0 plus ou moins d\u00e9voil\u00e9 par la lecture de ses romans. La bourse d\u2019\u00e9tudes qui l\u2019emm\u00e8ne \u00e0 Rome pour un an est \u00e9voqu\u00e9e dans&nbsp;<em>Canto<\/em>, tandis que l\u2019on retrouve Odile dans&nbsp;<em>L\u2019ann\u00e9e de l\u2019amour<\/em>&nbsp;et&nbsp;<em>La fourrure de la truite&nbsp;<\/em>; et son obsession si marquante pour Vincent van Gogh, cet historien de l\u2019art l\u2019aura d\u00e9j\u00e0 longuement d\u00e9crite dans&nbsp;<em>Stolz<\/em>. Et depuis&nbsp;<em>L\u2019ann\u00e9e de l\u2019amour<\/em>, Paris occupe immanquablement une place de choix. L\u2019aventure avec Maria aurait d\u00fb fournir la mati\u00e8re pour son dernier roman,&nbsp;<em>Der Nagel im Kopf&nbsp;<\/em>(<em>Le clou dans la t\u00eate<\/em>), mais celui-ci ne verra probablement pas le jour. Au lieu de cela, la mati\u00e8re fournie a trouv\u00e9 sa place dans le&nbsp;<em>Journal<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Dans les plus de 1500&nbsp;pages qu\u2019ils renferment, les&nbsp;<em>Journaux&nbsp;<\/em>ont aussi peu d\u2019histoires, d\u2019affabulations ou de fils narratifs \u00e0 offrir que les romans. Mais attendre de la nouveaut\u00e9 de la part d\u2019un auteur d\u2019autofiction, qui toute sa carri\u00e8re durant s\u2019est concentr\u00e9 sur lui-m\u00eame, serait trop en demander. \u00c0 d\u00e9faut de cela, les&nbsp;<em>Journaux&nbsp;<\/em>se constituent sur le m\u00eame mode stylistique que les romans. Et c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment cette raison, le fait qu\u2019ils naissent de la m\u00eame approche radicale de l\u2019art que les romans, qui fait de ces&nbsp;<em>Journaux&nbsp;<\/em>bien plus qu\u2019une production secondaire au sein de l\u2019\u0153uvre litt\u00e9raire de Paul Nizon.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h4 class=\"has-text-align-left\"><strong>Une affinit\u00e9 \u00e9lective avec Robert Walser<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Les&nbsp;<em>Journaux<\/em>&nbsp;ne se lisent effectivement pas comme un suppl\u00e9ment \u00e0 l\u2019\u0153uvre principale, mais comme la pr\u00e9paration, la continuation d\u2019un m\u00eame projet, et sont de ce fait une partie int\u00e9grante de cette unique \u0153uvre principale, ou \u0153uvre compl\u00e8te. Dans ses&nbsp;<em>Journaux<\/em>, Paul Nizon esquisse ses projets tandis qu\u2019ils sont encore en cours de r\u00e9alisation, et il continue d\u2019y repenser bien longtemps, parfois des d\u00e9cennies, apr\u00e8s leur parution. Ainsi, rien n\u2019est jamais fix\u00e9, tout est dynamique, et donc fragile. Et cela convient tr\u00e8s bien \u00e0 Paul Nizon, avec son aversion pour tout ce qui peut ressembler \u00e0 un r\u00e9cit, ou une histoire, achev\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Qu\u2019une distinction de son \u0153uvre entre romans et journaux devienne de ce fait obsol\u00e8te, l\u2019auteur en est tout \u00e0 fait conscient&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai \u00e9crit comme [Robert] Walser, toujours le m\u00eame roman, avec la m\u00e9ticulosit\u00e9, ou la curiosit\u00e9, de la repr\u00e9sentation de soi,&nbsp;\u00bb souligne-t-il. Ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 travers ce prisme que la v\u00e9ritable valeur de ses&nbsp;<em>Journaux<\/em>&nbsp;se r\u00e9v\u00e8le&nbsp;:&nbsp;il suffit de les ouvrir, \u00e0 une page prise au hasard, pour se trouver au c\u0153ur de cet immense projet d\u2019une vie. Peu importe o\u00f9 l\u2019on poursuit sa lecture, on saura d\u00e9j\u00e0 de quoi il est question, tellement les sujets nous sont familiers. Ajoutons \u00e0 cela le style incomparable&nbsp;: l\u2019esth\u00e9tique de la langue de Paul Nizon est sans pareille.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Lorsque Paul Nizon, dans le documentaire \u00e0 son sujet paru l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, affirme que&nbsp;<em>Der Nagel im Kopf&nbsp;<\/em>est le premier roman dont il n\u2019ach\u00e8vera pas l\u2019\u00e9criture, ce n\u2019est en v\u00e9rit\u00e9 pas tout \u00e0 fait exact. Car ce Bernois, n\u00e9 en 1929, n\u2019a jamais termin\u00e9 un seul roman. Il n\u2019en a toujours \u00e9crit et r\u00e9\u00e9crit qu\u2019un seul: le m\u00eame. Et d\u00e9sormais, avec le dernier volume de ses&nbsp;<em>Journaux<\/em>, intitul\u00e9&nbsp;<em>Der Nagel im Kopf<\/em>.<em>&nbsp;Journal 2011-2020 (Un clou dans la t\u00eate. Journal 2011-2020)<\/em>, ce projet est, pour l\u2019instant, achev\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h4 class=\"has-text-align-left\"><strong>De l\u00e9gers exc\u00e8s de vanit\u00e9<\/strong><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Observer quelqu\u2019un travailler toute une vie d\u2019\u00e9crivain durant implique aussi la promesse de faire partie de cette vie, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre. On en apprend d\u00e9j\u00e0 beaucoup sur Paul Nizon dans ses romans, et les&nbsp;<em>Journaux&nbsp;<\/em>livrent des d\u00e9tails souvent encore plus intimes. C\u2019est donc sans surprise que l\u2019on tombe ci ou l\u00e0 sur des passages \u2013&nbsp;<em>a fortiori<\/em>&nbsp;dans ce dernier volume \u2013 o\u00f9 la repr\u00e9sentation de soi va un peu trop loin dans les d\u00e9tails. Par exemple, le vieillissement est peut-\u00eatre l\u2019unique sujet nouveau des vingt derni\u00e8res ann\u00e9es. Bien s\u00fbr, il est compr\u00e9hensible qu\u2019un homme de l\u2019\u00e2ge de Paul Nizon s\u2019inqui\u00e8te du temps qui passe. Tout autant qu\u2019avec cet \u00e2ge grandisse la peur d\u2019\u00eatre oubli\u00e9, pour quelqu\u2019un qui a \u00e9t\u00e9 pendant soixante ans un marginal, un secret d\u2019initi\u00e9. Qu\u2019il doive se rassurer sur l\u2019importance de son \u0153uvre une fois de plus dans ses&nbsp;<em>Journaux<\/em>&nbsp;provoque une certaine g\u00eane, m\u00eame s\u2019il en a toutes les raisons&nbsp;; apr\u00e8s tout, il avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 en France comme favori pour le prix Nobel, finalement attribu\u00e9 \u00e0 Peter Handke, lui aussi Parisien d\u2019adoption.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Lorsqu\u2019il \u00e9crit qu\u2019\u00ab&nbsp;assur\u00e9ment, la litt\u00e9rature germanophone ne m\u2019oubliera pas de sit\u00f4t, il en va de m\u00eame dans les r\u00e9gions francophones&nbsp;\u00bb ou bien \u00ab&nbsp;subitement, mon \u00e2ge se fait vraiment sentir, avec l\u2019impression de perdre parfois mon autonomie, m\u00eame si je suis encore plus ou moins mobile pour l\u2019instant&nbsp;\u00bb, cela rappelle tr\u00e8s fortement les confessions intimes de Max Frisch \u2013 l\u2019un des premiers soutiens de Paul Nizon au demeurant, qui l\u2019avait mis en contact avec Siegfried Unseld des \u00c9ditions Suhrkamp \u2013 dans ses&nbsp;<em>Esquisses pour un troisi\u00e8me journal<\/em>, publi\u00e9es apr\u00e8s sa mort. Il n\u2019est pas toujours facile d\u2019\u00eatre t\u00e9moin de ces vanit\u00e9s, bien qu\u2019elles restent en marge, compens\u00e9es par autant d\u2019observations ac\u00e9r\u00e9es et de formidables tournures de phrases.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Traduit de l\u2019allemand par Mathilde Ekel<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Der Nagel im Kopf. Journal 2011-2020<\/em>. Paul Nizon. 263&nbsp;pages. Berlin&nbsp;: \u00c9ditions Suhrkamp&nbsp;2021, environ 38 francs.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong><em>\u00c0 propos de l\u2019auteur<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong><em>Paul Nizon, n\u00e9 en 1929 \u00e0 Berne, a \u00e9lu domicile \u00e0 Paris en 1977. \u00c9tudes d\u2019histoire de l\u2019art, d\u2019arch\u00e9ologie classique et d\u2019allemand \u00e0 Berne et Munich. En 1957, th\u00e8se sur Vincent van Gogh, suivie d\u2019un poste d\u2019assistant au mus\u00e9e d\u2019histoire de Berne et de critique d\u2019art \u00e0 la\u00a0Neue Z\u00fcrcher Zeitung. Paul Nizon travaille depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 60 comme \u00e9crivain ind\u00e9pendant et essayiste. En 1959, il publie sa premi\u00e8re \u0153uvre en prose\u00a0<\/em>Les lieux mouvants<em>\u00a0(1959), suivie de son premier roman,\u00a0<\/em>Canto<em>, qui marque une c\u00e9sure dans son projet d\u2019\u00e9criture. Son essai\u00a0<\/em>Diskurs in der Enge (Discours \u00e0 l\u2019\u00e9troit)\u00a0<em>(1970), provoque une controverse dans tout le pays, dont le nom deviendra un topos de la litt\u00e9rature suisse. Il est laur\u00e9at d\u2019un grand nombre de prix, notamment le Prix autrichien de litt\u00e9rature europ\u00e9enne (2010) et le Grand Prix suisse de litt\u00e9rature (2014). Une s\u00e9lection de ses \u0153uvres en prose et de ses journaux est parue en 1999 aux \u00c9ditions Suhrkamp.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><a href=\"applewebdata:\/\/5D8F931D-16A5-4A90-8D7A-70566D4C3B40#_ednref1\"><sup>[i]<\/sup><\/a>&nbsp;<em>Canto.<\/em>&nbsp;Paul Nizon. Traduction de Georges Pauline. \u00c9ditions Jacqueline Chambon (1998).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><a href=\"applewebdata:\/\/5D8F931D-16A5-4A90-8D7A-70566D4C3B40#_ednref2\"><sup>[ii]<\/sup><\/a>&nbsp;Les d\u00e9clarations et extraits cit\u00e9s dans cet article ont \u00e9t\u00e9 traduits pour cet article.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec le sixi\u00e8me volume de ses&nbsp;Journaux, Paul Nizon ach\u00e8ve temporairement son grand projet litt\u00e9raire. Il n\u2019a \u00ab&nbsp;point de programme, point d\u2019engagement, point d\u2019histoire, point d\u2019affabulation, point de fil d\u2019un r\u00e9cit[i]&nbsp;\u00bb, pr\u00e9tendait le h\u00e9ros narrateur du premier roman de Paul Nizon. Intitul\u00e9&nbsp;Canto, l\u2019ouvrage paraissait en 1963, voil\u00e0 bient\u00f4t soixante ans. 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