{"id":1286,"date":"2023-05-29T09:27:52","date_gmt":"2023-05-29T07:27:52","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/?p=1286"},"modified":"2023-05-29T09:51:48","modified_gmt":"2023-05-29T07:51:48","slug":"une-reflexion-futuriste-trop-complexe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/2023\/05\/29\/une-reflexion-futuriste-trop-complexe\/","title":{"rendered":"Une r\u00e9flexion futuriste trop complexe ?"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left\">Quelles images les mots \u00ab&nbsp;Le grand enfouissement&nbsp;\u00bb \u00e9voquent-ils dans votre imaginaire&nbsp;? Le titre du livre, en fran\u00e7ais,&nbsp;laisse une certaine marge d\u2019interpr\u00e9tation, tandis que l\u2019intitul\u00e9 original allemand, \u00ab&nbsp;Tiefenlager&nbsp;\u00bb, utilise&nbsp;un terme technique qui fait r\u00e9f\u00e9rence au stockage des d\u00e9chets nucl\u00e9aires. Cependant, le roman d\u2019Annette Hug traduit par Camille Luscher, surprend par une approche&nbsp;peu conventionnelle&nbsp;: au lieu des sc\u00e9narios d\u2019explosion, de destruction et d\u2019imageries similaires \u00e0 Tchernobyl auxquels on pouvait s\u2019attendre, il tourne autour de cinq personnages&nbsp;qui d\u00e9cident de cr\u00e9er un monast\u00e8re.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">En reliant une th\u00e9matique \u00e0 la fois politique et scientifique \u00e0 une structure d\u2019inspiration religieuse, le roman r\u00e9v\u00e8le sa force. Il en va de m\u00eame\u00a0avec les cinq protagonistes\u00a0de ce livre\u00a0: C\u00e9line, Anatole, Kurt, Betty,\u00a0et Petra viennent tous de cultures diverses et d\u2019autres contextes familiaux, ils apportent des exp\u00e9riences diff\u00e9rentes qui seront mises ensemble. Apr\u00e8s avoir v\u00e9cu chacun un \u00e9chec dans\u00a0leur vie, tous les cinq sont maintenant pr\u00eats pour une nouvelle t\u00e2che. Leur retraite est encore loin, et ils veulent\u00a0faire quelque chose \u2013 mais de mani\u00e8re calme et r\u00e9fl\u00e9chie. D\u2019o\u00f9 leur d\u00e9cision de lancer, non un mouvement politique, mais de cr\u00e9er un monast\u00e8re\u00a0d\u2019un nouveau genre. \u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Surgit alors la n\u00e9cessit\u00e9 de trouver un langage commun. On ne sera pas \u00e9tonn\u00e9 de trouver dans ce roman un m\u00e9lange bab\u00e9lique de langues, avec&nbsp;par exemple&nbsp;des bribes de&nbsp;Suisse-Allemand et de Chinois. Finalement, Annette Hug fait na\u00eetre une r\u00e9flexion autour des d\u00e9chets nucl\u00e9aires et le futur \u00e0 plusieurs voix (et langues), d\u2019un engagement collectif entre les personnages, mais qui se retrouvent unis dans ce roman, dans un monast\u00e8re dont le proc\u00e8s de fondation est retrac\u00e9. La t\u00e2che de traduire un tel texte multilingue en langue fran\u00e7aise n&rsquo;a pas d\u00fb \u00eatre facile et a certainement demand\u00e9 beaucoup d&rsquo;investissement et de sensibilit\u00e9 aux jeux de mots non seulement allemands. Mais apr\u00e8s la lecture des deux textes, il faut dire que la traduction de Camille Luscher est tr\u00e8s r\u00e9ussie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Le r\u00e9sultat est un roman d\u2019une richesse extraordinaire, dont la structure semble vouloir imiter celle de la ville de Hong Kong\u00a0: le texte lui-m\u00eame devient alors une sorte d\u2019objet hyper-condens\u00e9, avec des structures chronologiques, spatiales, narratives et linguistiques multiples. Et c\u2019est plus \u00e9labor\u00e9 encore, puisque dans ce r\u00e9cit-cadre sont ins\u00e9r\u00e9s des r\u00e9cits o\u00f9 chacun des personnages raconte une histoire possible du futur. Il faut donc se pr\u00e9parer \u00e0 une lecture complexe\u00a0! Si apr\u00e8s 20 pages vous ne savez pas encore o\u00f9 le livre va vous mener, c\u2019est normal. Aussi, il n&rsquo;est pas rare que ce qui a \u00e9t\u00e9 dit ne prenne sens que quelques chapitres plus loin, et parfois l\u2019impression\u00a0persiste que l\u2019on ne va jamais tout comprendre.\u00a0Pourtant, il est tout \u00e0 fait possible de s\u2019\u00e9tonner des jeux d\u2019opposition et des liens et allusions dont le texte est parsem\u00e9. Le roman pousse \u00e0 plusieurs lectures et, \u00e0 chacune d&rsquo;elles, il est possible d\u2019observer d\u2019autres encha\u00eenements, d\u2019autres jeux de\u00a0mots qui au fur et \u00e0 mesure invitent \u00e0 la r\u00e9flexion personnelle. Il revient donc \u00e0 la lectrice et au lecteur de donner du sens \u00e0 ce qu\u2019il vient de lire et de continuer ses raisonnements : Que se passera-t-il dans les ann\u00e9es \u00e0 venir ? \u00c0 quoi faut-il r\u00e9fl\u00e9chir ? Jusqu\u2019o\u00f9 r\u00e9fl\u00e9chir\u00a0?<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Annette Hug,&nbsp;<em>Le grand enfouissement<\/em>, traduit par Camille Luscher, Gen\u00e8ve, \u00c9ditions Zo\u00e9, 2023, 256 pages, 32 CHF.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Cr\u00e9dits de l&rsquo;image : https:\/\/printler.com\/de\/poster\/101915\/<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelles images les mots \u00ab&nbsp;Le grand enfouissement&nbsp;\u00bb \u00e9voquent-ils dans votre imaginaire&nbsp;? Le titre du livre, en fran\u00e7ais,&nbsp;laisse une certaine marge d\u2019interpr\u00e9tation, tandis que l\u2019intitul\u00e9 original allemand, \u00ab&nbsp;Tiefenlager&nbsp;\u00bb, utilise&nbsp;un terme technique qui fait r\u00e9f\u00e9rence au stockage des d\u00e9chets nucl\u00e9aires. 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