{"id":1302,"date":"2023-06-12T12:58:40","date_gmt":"2023-06-12T10:58:40","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/?p=1302"},"modified":"2023-06-12T12:59:31","modified_gmt":"2023-06-12T10:59:31","slug":"de-levolution-dun-quartier-a-un-corps","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/2023\/06\/12\/de-levolution-dun-quartier-a-un-corps\/","title":{"rendered":"De l\u2019\u00e9volution d\u2019un quartier \u00e0 un corps\u00a0"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left\">Dominique Mercier, m\u00e9decin au CHUV, nous fait d\u00e9couvrir r\u00e9trospectivement le quotidien des \u00e9tudiants, les bizutages, les changements op\u00e9r\u00e9s dans le corps \u00e9tudiant. Leur propre \u00e9volution. Anna est une jeune femme ambitieuse qui travaille au&nbsp;<em>Brother Burger<\/em>. Avant le d\u00e9part de Dominique pour Galway, quatre ans auparavant, ils \u00e9taient amants. Mais \u00e7a, c\u2019\u00e9tait avant. Aujourd\u2019hui, leurs regards se croisent \u00e0 nouveau et tout change.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Apr\u00e8s leur rencontre impromptue, Dominique entame une profonde remise en question : qui est-il ? Que fait-il ? Pourquoi continuer \u00e0 \u00eatre m\u00e9decin ? Ne pourrait-il pas travailler lui aussi au&nbsp;<em>Brother Burger<\/em>&nbsp;? Apr\u00e8s avoir crois\u00e9 Dominique, Anna se r\u00e9veille de sa passivit\u00e9 et d\u00e9missionne de ce travail qui lui \u201cfait d\u00e9couvrir de nouvelles limites \u00e0 [son] corps : br\u00fblures, tendinites, courbatures, contractures\u201d.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><em>La Fabrique du corps humain<\/em>&nbsp;est le premier roman de J\u00e9r\u00e9mie Andr\u00e9, m\u00e9decin psychiatre \u00e0 Vevey. Le titre est celui du c\u00e9l\u00e8bre ouvrage d\u2019anatomie d\u2019Andr\u00e9 V\u00e9sale, m\u00e9decin du XIVe si\u00e8cle et r\u00e9formateur de la dissection. Dissection, qui, dans le roman, est pratiqu\u00e9e sur le corps et l\u2019\u00e2me de nos protagonistes. Et&nbsp;\u00e9galement m\u00e9taphoriquement sur le Flon, ce corps ramifi\u00e9&nbsp;en constante&nbsp;\u00e9volution, depuis le XVIIIe si\u00e8cle jusqu\u2019au XXIe si\u00e8cle.&nbsp;Cependant, le parti pris&nbsp;d\u2019introduire V\u00e9sale dans le roman n\u2019est pas refl\u00e9t\u00e9 distinctement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">On sent l\u2019ambition du texte, la volont\u00e9 d\u2019en faire un \u201croman social au coeur de Lausanne\u201d gr\u00e2ce \u00e0 la premi\u00e8re partie de l\u2019oeuvre. Cet incipit emm\u00e8ne le lecteur dans le quartier du Flon du XVIIIe si\u00e8cle en retra\u00e7ant l\u2019histoire de la famille Mercier, les anc\u00eatres de Dominique. Cette partie est passionnante, pleine d\u2019anecdotes. Elle est pour moi la partie la plus r\u00e9ussie du roman. Elle sert \u00e0 montrer que le regard que nous portons sur notre corps d\u00e9pend de notre propre histoire, notre classe sociale et de nos exp\u00e9riences. Mais je regrette cependant qu\u2019elle n\u2019ait pas plus de lien direct avec les personnages. L\u2019influence du pass\u00e9 se limite \u00e0 un nom, Dominique Mercier, et \u00e0 un fast food dans le quartier du Flon. Le roman para\u00eet d\u00e9cousu, il est difficile de faire des liens entre les parties, ce qui est frustrant.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Le style d\u2019\u00e9criture est sobre et facile \u00e0 lire, les transitions entre pass\u00e9&nbsp;et pr\u00e9sent le sont moins. Dommage. Celles-ci ont tendance \u00e0 perdre le lecteur. De fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, ce roman m\u00e9riterait davantage de profondeur et d\u2019originalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Au travers de ces cent-trente pages,&nbsp;<em>La Fabrique du corps humain<\/em>&nbsp;met le doigt sur diff\u00e9rents maux inh\u00e9rents \u00e0 notre soci\u00e9t\u00e9 que sont l\u2019angoisse, la d\u00e9pression, la discrimination et la victimisation sans pour autant y aller en profondeur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">J\u00e9r\u00e9mie Andr\u00e9,<em>&nbsp;La Fabrique du Corps Humain<\/em>, Olivier Morattel \u00c9diteur, 2023, 132 pages, 28,10 CHF.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Cr\u00e9dits de l&rsquo;image : <a href=\"http:\/\/well-livinglab.be\/andre-vesale-precurseur-de-lapproche-living-lab\/\">https:\/\/printler.com\/de\/poster\/101915\/<\/a>&nbsp;<a href=\"http:\/\/well-livinglab.be\/andre-vesale-precurseur-de-lapproche-living-lab\/\">http:\/\/well-livinglab.be\/andre-vesale-precurseur-de-lapproche-living-lab\/<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dominique Mercier, m\u00e9decin au CHUV, nous fait d\u00e9couvrir r\u00e9trospectivement le quotidien des \u00e9tudiants, les bizutages, les changements op\u00e9r\u00e9s dans le corps \u00e9tudiant. 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