{"id":1315,"date":"2023-09-11T11:17:24","date_gmt":"2023-09-11T09:17:24","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/?p=1315"},"modified":"2023-09-11T11:17:25","modified_gmt":"2023-09-11T09:17:25","slug":"assemblage-de-copies%ef%bf%bc%ef%bf%bc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/2023\/09\/11\/assemblage-de-copies%ef%bf%bc%ef%bf%bc\/","title":{"rendered":"Assemblage de copies\ufffc\ufffc"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left\">Un groupe de scientifiques, un conglom\u00e9rat et ses ouvriers, une soci\u00e9t\u00e9&nbsp;: tous travaillent sur de myst\u00e9rieuses chutes de pierres. La pluie de cailloux devient averse mortelle. Elle \u00e9crase des voitures, d\u00e9truit des maisons, tue des \u00eatres humains et troue le monde.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" width=\"843\" height=\"629\" src=\"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Sans-titre.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1317\" srcset=\"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Sans-titre.png 843w, https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Sans-titre-300x224.png 300w, https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Sans-titre-150x112.png 150w, https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Sans-titre-768x573.png 768w\" sizes=\"(max-width: 843px) 100vw, 843px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Cette pluie de m\u00e9t\u00e9orites \u00e0 l\u2019allure de r\u00e9cit apocalyptique sert d\u2019alibi \u00e0 un groupe de grands hommes, de dirigeants et de scientifiques qui creusent, toujours plus, sans donner de r\u00e9ponse. Bien qu\u2019on leur crie d\u2019en donner, qu\u2019on leur envoie des lettres. Qu\u2019importe, ils font la sourde oreille et forent, creusent, fondent, calculent, mesurent dans un but qu\u2019ils gardent secret. De nombreuses familles sont touch\u00e9es, physiquement mais \u00e9galement psychiquement par la chute de pierres venue du ciel. Mais finalement, quelle est l\u2019origine de ce qui est arriv\u00e9&nbsp;? L\u2019intrigue reste tr\u00e8s opaque car le ton est allusif.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Le livre donne \u00e0 voir, \u00e0 toucher (car oui les pages changent parfois de grammage), \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir, \u00e0 investiguer. Chaque d\u00e9tail compte, ou pas&nbsp;? Il est difficile de savoir si les allusions en sont r\u00e9ellement. (Des illusions&nbsp;?) Qu\u2019importe, la majorit\u00e9 des reproductions aux tons bleus bl\u00eames (comme le monde qu\u2019elles d\u00e9peignent) sont l\u00e0 pour raconter et pour bousculer, on le comprend au fil de la lecture. De plus, la construction de l\u2019ouvrage vaut le d\u00e9tour, c\u2019est un objet un peu \u00e9trange fait d\u2019une constellation de peintures aux couleurs m\u00e9talliques et d\u2019une plume sans fioritures, mais parsem\u00e9e de listes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">L\u2019objet est n\u00e9 de la rencontre entre deux artistes. D\u2019abord, Nicolas Fournier fait des copies de photos trouv\u00e9es sur le net, dans la presse, mais aussi de clich\u00e9s qu\u2019il a photographi\u00e9s lors de rencontres entre scientifiques. Un art de r\u00e9appropriation, une r\u00e9utilisation tout en subtilit\u00e9, qui ne se revendique pas comme original mais qui cherche \u00e0 venir toucher lecteurs et lectrices par association, cr\u00e9ant des r\u00e9miniscences dans les esprits.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Puis, Antoine Jaccoud qui s\u2019empare de ces images. Il intensifie le lien entre toutes ces repr\u00e9sentations au travers du texte qu\u2019il \u00e9crit, s\u2019approprie la constellation de copies que lui propose Nicolas Fournier. Images et textes sont agenc\u00e9s et connect\u00e9s comme les pi\u00e8ces d\u2019un m\u00e9canisme complexe.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright size-full\"><img loading=\"lazy\" width=\"481\" height=\"362\" src=\"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Sans-titre.png-4.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1318\" srcset=\"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Sans-titre.png-4.png 481w, https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Sans-titre.png-4-300x226.png 300w, https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Sans-titre.png-4-150x113.png 150w\" sizes=\"(max-width: 481px) 100vw, 481px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">L\u2019urgence \u00e9cologique par all\u00e9gorie d\u00e9file en boucle devant les yeux du lecteur ou de la lectrice et fait tourner les pages, de plus en plus vite, cr\u00e9ant ainsi un sentiment d\u2019urgence. Le ton est alarmant et donne une forme mat\u00e9rielle, visuelle \u00e0 l\u2019inqui\u00e9tude qu\u2019\u00e9prouve la jeune g\u00e9n\u00e9ration face \u00e0 ces a\u00een\u00e9s qui ne semblent pas se rendre compte que l\u2019univers est en train de se d\u00e9sagr\u00e9ger, de se trouer, alors que personne ne fait rien. Nous sommes derri\u00e8re une vitre \u00e0 observer les bras crois\u00e9s.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Antoine Jaccoud et Nicolas Fournier interrogent, s\u2019interrogent et veulent que l\u2019on s\u2019interroge avec eux. Et cela fonctionne. Le flux de leur pens\u00e9e est de plus en plus fort, il s\u2019accentue au fur et \u00e0 mesure de la lecture. Les trous, les lacunes et les difficult\u00e9s s\u2019accumulent dans un crescendo narratif.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Les sujets sont innombrables. L\u2019objet questionne, m\u2019a questionn\u00e9e, vous questionnera. Fiction et r\u00e9alit\u00e9 s\u2019entrem\u00ealent et se refl\u00e8tent.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">La grande&nbsp;force d\u2019<em>Apr\u00e8s l\u2019a-verse<\/em>&nbsp;est donc&nbsp;de questionner.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Il avance qu\u2019il faut chuter, tomber, casser les&nbsp;codes, renverser.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Alors si vous avez envie de r\u00e9fl\u00e9chir, je vous invite \u00e0 le regarder de plus pr\u00e8s.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Et \u00e0 vous, qu\u2019est-ce que cet ouvrage vous fera&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Nicolas Fournier et Antoine Jaccoud,&nbsp;<em>Apr\u00e8s l&rsquo;a-verse, Tableau de la catastrophe<\/em>, Gen\u00e8ve, Art&amp;fiction, 2023, 189 pages, 37 CHF.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Cr\u00e9dits des images : Nicolas Fournier et Antoine Jaccoud,&nbsp;<em>Apr\u00e8s l&rsquo;a-verse, Tableau de la catastrophe<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un groupe de scientifiques, un conglom\u00e9rat et ses ouvriers, une soci\u00e9t\u00e9&nbsp;: tous travaillent sur de myst\u00e9rieuses chutes de pierres. 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