{"id":1486,"date":"2024-06-11T17:49:25","date_gmt":"2024-06-11T15:49:25","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/?p=1486"},"modified":"2024-06-11T17:49:26","modified_gmt":"2024-06-11T15:49:26","slug":"eclats-du-passe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/2024\/06\/11\/eclats-du-passe\/","title":{"rendered":"\u00c9clats du pass\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left\">Pris dans le tourment de la vie, tout s&rsquo;encha\u00eene et on ne respire plus. Bien loin l&rsquo;id\u00e9al du fleuve tranquille\u2026 ou presque ?&nbsp;Fanny Wobmann pr\u00e9sente une autobiographie pour partir \u00e0 l\u2019aventure sans quitter son chez-soi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Pour les stress\u00e9s du quotidien,&nbsp;<em>Les arbres quand ils tombent<\/em>&nbsp;est une vraie petite oasis. Le livre d\u00e9roule les souvenirs et questionnements d&rsquo;une femme ayant grandi en Afrique et vivant maintenant en Suisse. Patchwork de messages, souvenirs et discussions, les paragraphes se d\u00e9veloppent au rythme de la respiration. Ce d\u00e9coupage permet une lecture fluide au rythme de chacun.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Fanny Wobmann sait \u00e9crire le quotidien en laissant suffisamment de place au lecteur pour l\u2019investir. Comme dans chaque quotidien, des discussions surgissent et lorsque cela arrive, l&rsquo;absence de marques de dialogue rend le tout tr\u00e8s naturel&nbsp;; le film se lance et on se retrouve dans la sc\u00e8ne. Une question reste cependant sans r\u00e9ponse&nbsp;: pourquoi, dans cette \u00e9criture du quotidien o\u00f9 il y a des noms d\u2019emprunt, le nom de l\u2019enfant est-il abr\u00e9g\u00e9 par un simple \u00ab&nbsp;<em>B.<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;? Le d\u00e9tail provoque une perte de coh\u00e9rence. J\u2019aurais aim\u00e9 voir tous les noms abr\u00e9g\u00e9s ou tous les noms remplac\u00e9s. Un nom d\u2019emprunt permettant tout aussi bien de pr\u00e9server l\u2019anonymat, ce \u00ab&nbsp;<em>B.<\/em>&nbsp;\u00bb fait tache.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Le plaisir de d\u00e9couvrir une tranche de vie<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Tout au long du livre se pose la question de la l\u00e9gitimit\u00e9. Peut-on raconter ses souvenirs sans \u00ab&nbsp;tricher&nbsp;\u00bb ? Une blanche, selon ses propres mots, peut-elle parler de sa vie \u00e0 Madagascar ? Jusqu&rsquo;o\u00f9 partager la vie intime v\u00e9cue avec d\u2019autres ? Il est vrai que bien poser une question est une \u00e9tape cruciale dans la r\u00e9solution du probl\u00e8me. Dans un premier temps, on ressent de la frustration, car la r\u00e9flexion s\u2019arr\u00eate au seuil des questions et les pistes offertes sont bien maigres. C\u2019est un d\u00e9but de constat plus qu\u2019une r\u00e9flexion, et cela est bien dommage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Et si ce n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0 l\u2019objectif principal de l\u2019\u0153uvre&nbsp;? Ces questions sont d\u2019une complexit\u00e9 telle qu\u2019une personne ne pourrait probablement pas y r\u00e9pondre seule. On assiste \u00e0 une vie, telle que la v\u00f4tre ou la mienne, o\u00f9 toutes les questions ne re\u00e7oivent pas forc\u00e9ment de r\u00e9ponses. Le temps passe, on respire, les questions sont l\u00e0, on y pense, on m\u00e9dite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Peu d\u2019enjeux sociaux sont abord\u00e9s, pas la politique, pas le syst\u00e8me de sant\u00e9\u2026 ce qui \u00ab&nbsp;d\u00e9s-exotise&nbsp;\u00bb cette \u00eele de l\u2019autre bout du monde, comme si Madagascar \u00e9tait un acquis pour tous. Cela correspond tout \u00e0 fait \u00e0 la vision d\u2019un enfant. L\u2019accent est mis sur les camarades de jeu, un peu d\u2019\u00e9cole et surtout les sensations v\u00e9cues. On s\u2019\u00e9chappe, on s\u2019imagine chahut\u00e9 dans la voiture sur la route d\u00e9fonc\u00e9e pour profiter des fruits frais et du sable chaud.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><em>\u00ab&nbsp;Nos cheveux, mouill\u00e9s en permanence, \u00e9claircissaient et bouclaient. Nous mangions des mangues sur le sable, laissant le jus couler le long de nos mains, de nos bras, de notre torse, se m\u00e9langer au sel pour rendre notre corps plus poisseux encore. Nous nous rincions dans l\u2019oc\u00e9an.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Une \u00e9criture sans prise de t\u00eate<\/strong><strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Fanny Wobmann a une \u00e9criture du quotidien pas si anodine que cela, qui peut rappeler celle de Joan Didion. Simple mais \u00e9vocatrice, tout est dit sans que tout soit explicite. Apr\u00e8s sa rencontre avec un homme qui a produit un film biais\u00e9 sur sa famille en Afrique&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab Je ferme la porte derri\u00e8re lui, mets les tasses dans le lave-vaisselle, rince la cafeti\u00e8re et la pose sur l&rsquo;\u00e9gouttoir<\/em>.<em>&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;Fin de chapitre.&nbsp;Une \u00e9criture qui s&rsquo;efforce de dire ce qui est. Point. La d\u00e9marche de v\u00e9racit\u00e9 et de remise en question de pr\u00e9jug\u00e9s n\u2019en est que renforc\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">On ressort de cette lecture avec plus de questions qu\u2019au d\u00e9part, mais surtout avec un \u0153il plus frais sur notre quotidien. Un livre bulle qui nous offre du temps et l&rsquo;envie d&rsquo;en savoir plus sur cette partie du monde.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Fanny Wobmann,\u00a0<em>Les arbres quand ils tombent<\/em>, Quidam \u00e9diteur, 2024, 29,80 CHF, 200 pages.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pris dans le tourment de la vie, tout s&rsquo;encha\u00eene et on ne respire plus. Bien loin l&rsquo;id\u00e9al du fleuve tranquille\u2026 ou presque ?&nbsp;Fanny Wobmann pr\u00e9sente une autobiographie pour partir \u00e0 l\u2019aventure sans quitter son chez-soi. Pour les stress\u00e9s du quotidien,&nbsp;Les arbres quand ils tombent&nbsp;est une vraie petite oasis. 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