{"id":1548,"date":"2024-11-29T17:21:26","date_gmt":"2024-11-29T16:21:26","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/?p=1548"},"modified":"2024-11-29T17:21:26","modified_gmt":"2024-11-29T16:21:26","slug":"le-cri-du-lezard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/2024\/11\/29\/le-cri-du-lezard\/","title":{"rendered":"Le cri du l\u00e9zard"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left\">L\u2019histoire ne retient pas le sort des malheureux qui commencent la lecture d\u2019une s\u00e9rie de livres par le deuxi\u00e8me tome. \u00c0 eux sont destin\u00e9s les personnages qu\u2019on ne pr\u00e9sente plus, les intrigues b\u00e2cl\u00e9es et les motifs en apparence absurdes. Je pensais devoir aussi m&rsquo;y confronter en ouvrant\u00a0<em>Le cri du l\u00e9zard<\/em>\u00a0de Jean-Fran\u00e7ois Thomas. Je me l\u2019\u00e9tais procur\u00e9, car sa couverture fantasque m\u2019avait s\u00e9duit. Pourtant, une note de bas de page, faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un roman pr\u00e9c\u00e9dent de l\u2019auteur, m\u2019a fait redouter de lire la suite d\u2019une histoire dont je n\u2019avais pas les cl\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Une invitation \u00e0 rester<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">D\u00e8s les premi\u00e8res pages, la rencontre avec l\u2019inspecteur Cyriel, a dissip\u00e9 mes craintes. Avec aisance, l&rsquo;auteur efface toute impression de distance avec les protagonistes. Ainsi, une discussion avec Mathilde, la fille du personnage principal, autour d\u2019anciennes photos souvenirs, cr\u00e9e un contact direct avec son pass\u00e9 sans appesantir l\u2019intrigue pour un lecteur qui y serait familier. Cela se remarque notamment dans cet extrait : \u00ab Ce passage en revue leur permettait aussi de se rem\u00e9morer nombre de souvenirs, d\u2019\u00e9voquer les moments heureux pass\u00e9s en famille, de retrouver des s\u00e9quences oubli\u00e9es des nombreuses ann\u00e9es \u00e9coul\u00e9es depuis la naissance de Mathilde. Mais aussi, h\u00e9las, d\u2019\u00e9voquer les moments difficiles, douloureux, que leur famille avait travers\u00e9s. Les trop fr\u00e9quentes absences de Cyriel dues \u00e0 son m\u00e9tier d\u2019enqu\u00eateur, les tensions de plus en plus visibles dans le couple, la disparition des amies proches, la d\u00e9pression de Cyriel qui avait suivi la mort de son coll\u00e8gue. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Le portrait gris du h\u00e9ros<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Vous l\u2019avez s\u00fbrement remarqu\u00e9 dans ce passage, le ton n\u2019est pas \u00e0 la rigolade.\u00a0\u00a0L\u2019intrigue non plus : Cyriel, a arr\u00eat\u00e9 sa profession d\u2019inspecteur de police et repris la vieille librairie d\u2019occasion de son p\u00e8re. En la rangeant, il est lanc\u00e9 par hasard sur une piste qui laisse croire que son p\u00e8re ne serait pas mort d\u2019un simple arr\u00eat cardiaque. Lui qui avait rompu avec les enqu\u00eates doit donc se replonger dans ce milieu pour trouver une r\u00e9ponse \u00e0 ses questions. Loin d&rsquo;\u00eatre un justicier calme et parfait, il fait preuve de nombreuses failles. Sortant depuis peu d\u2019une d\u00e9pression, il lui prend parfois de violents acc\u00e8s de col\u00e8re. Ceux-ci m\u2019ont d\u2019abord surpris puis enchant\u00e9, le personnage semble brusquement si r\u00e9el, si vrai. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par la description d\u2019un r\u00e9veil agit\u00e9 de Cyriel : \u00ab Il se r\u00e9veilla soudain, en sueur. Il se rendit aux toilettes, but un peu d\u2019eau, se recoucha, mais peina \u00e0 se rendormir. Il se leva plus t\u00f4t que d\u2019habitude, mal repos\u00e9 et de mauvaise humeur. Il se pr\u00e9para un petit d\u00e9jeuner. Au moment de poser son caf\u00e9 sur la table, il heurta du coude le coin d\u2019une chaise et l\u00e2cha sa tasse. Le caf\u00e9 se r\u00e9pandit sur sa jambe nue, le br\u00fbla. \u201c Merde, \u00e7a fait mal, putain!&#8230; \u201c Furieux, il shoota ce qui restait de la tasse, et envoya valser les morceaux de porcelaine contre un des murs de la cuisine, ce qui l\u2019\u00e9claboussa de caf\u00e9 noir. \u201c Et va falloir nettoyer tout \u00e7a ! Pfff&#8230; \u00e7a sert \u00e0 rien de t\u2019\u00e9nerver, mon gars, le mal est fait&#8230;calmos&#8230; \u201c Cyriel prit trois fortes inspirations, permettant \u00e0 sa col\u00e8re de refluer, et de retrouver un semblant de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9. Il se rendit aux toilettes et se versa de l\u2019eau froide sur la br\u00fblure, afin d\u2019att\u00e9nuer sa morsure. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>La force de la simplicit\u00e9\u00a0<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">L&rsquo;histoire se veut r\u00e9aliste, cela se remarque par la vraisemblance des \u00e9motions des protagonistes mais aussi par la banalit\u00e9 de leur langage. De m\u00eame, nombre de fausses pistes gliss\u00e9es \u00e7a et l\u00e0 se jouent des clich\u00e9s typiques des romans policiers. Aucune place n\u2019est laiss\u00e9e aux explications rocambolesques. La mani\u00e8re dont Jean-Fran\u00e7ois Thomas aborde une aventure amoureuse au sein de cette enqu\u00eate ne manque pas \u00e0 la r\u00e8gle, tout semble concret, tragique, banal.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">L\u2019intrigue \u00e0 retournements du&nbsp;<em>Cri du l\u00e9zard&nbsp;<\/em>t\u00e9moigne de l\u2019exp\u00e9rience litt\u00e9raire de son auteur et je ne saurais que vous le recommander. Pour ma part, je vais de ce pas d\u00e9couvrir les autres aventures de Cyriel dans&nbsp;<em>Une semaine \u00e0 tuer<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Jean-Fran\u00e7ois Thomas,\u00a0<em>Le cri du l\u00e9zard,<\/em>\u00a0Sainte-croix, Bernard Campiche \u00e9diteur, 2024, 271 pages, 31 CHF.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019histoire ne retient pas le sort des malheureux qui commencent la lecture d\u2019une s\u00e9rie de livres par le deuxi\u00e8me tome. \u00c0 eux sont destin\u00e9s les personnages qu\u2019on ne pr\u00e9sente plus, les intrigues b\u00e2cl\u00e9es et les motifs en apparence absurdes. Je pensais devoir aussi m&rsquo;y confronter en ouvrant\u00a0Le cri du l\u00e9zard\u00a0de Jean-Fran\u00e7ois Thomas. Je me l\u2019\u00e9tais [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":100,"featured_media":1549,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1548"}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/users\/100"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1548"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1548\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1550,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1548\/revisions\/1550"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1549"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1548"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1548"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1548"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}