{"id":1593,"date":"2025-03-18T09:53:35","date_gmt":"2025-03-18T08:53:35","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/?p=1593"},"modified":"2025-03-18T09:54:40","modified_gmt":"2025-03-18T08:54:40","slug":"tout-devient-flou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/2025\/03\/18\/tout-devient-flou\/","title":{"rendered":"Tout devient flou"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left\">Est-ce que je regarde ou suis-je plut\u00f4t regard\u00e9.e&nbsp;? Tous ces yeux qui fixent mais ne jugent pas. Une pr\u00e9sence vide, ils ne refl\u00e8tent que la bo\u00eete dans laquelle ils reposent. \u00ab&nbsp;Pouvaient-ils dormir m\u00eame s\u2019ils n\u2019avaient pas de paupi\u00e8re&nbsp;? Elle [Armelle] l\u2019esp\u00e9ra, c\u2019\u00e9tait si bon de s\u2019oublier dans le sommeil.&nbsp;\u00bb Ces yeux&nbsp;: \u00e9l\u00e9ment central de la vie d\u2019Armelle. Il y a&nbsp;<em>ceux qu\u2019elle fabrique<\/em>,&nbsp;<em>ceux qu\u2019elle perd de vue<\/em>,&nbsp;<em>ceux que l\u2019on porte sur elle<\/em>&nbsp;et enfin&nbsp;<em>ceux de sa cr\u00e9atrice<\/em>&nbsp;Anne-Fr\u00e9d\u00e9rique Rochat.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><em>Ceux qu\u2019elle fabrique&nbsp;<\/em>dans son atelier. Pour redonner une sym\u00e9trie aux visages ab\u00eem\u00e9s. C\u2019est touchant \u00e0 premi\u00e8re vue, po\u00e9tique \u00e0 souhait. On se le dit apr\u00e8s avoir lu le quatri\u00e8me de couverture. Mais Armelle a un rapport \u00e9trange avec son art. D\u00e9j\u00e0 parce qu\u2019elle stocke une quantit\u00e9 immense d\u2019yeux uniques qui ne serviront jamais et au milieu desquels elle se sent trop \u00e0 l\u2019aise. C\u2019est bien normal qu\u2019un artisan d\u00e9veloppe un lien particulier avec son \u0153uvre, mais l\u00e0 \u00e7a cr\u00e9e un malaise. On peine \u00e0 comprendre l\u2019attachement d\u2019Armelle pour chaque pupille inerte, en qui elle voit un ami. Sa passion a commenc\u00e9 ainsi&nbsp;: son grand-p\u00e8re portait un \u0153il de verre qu\u2019il sortait aux r\u00e9unions de famille pour la faire rire. Une fois, elle le prend dans sa bouche avant de se faire reprendre par sa m\u00e8re. \u00ab&nbsp;A cette \u00e9poque, son r\u00eave \u00e9tait d\u2019en avoir un \u00e0 elle, rien qu\u2019\u00e0 elle, un \u0153il dont elle s\u2019occuperait, qu\u2019elle cajolerait et qui la prot\u00e8gerait&nbsp;; elle s\u2019imaginait lui bricoler un petit lit avec une bo\u00eete en carton pleine de coton qu\u2019elle poserait sur sa table de chevet.&nbsp;\u00bb C\u2019est un peu troublant, non&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><em>Ceux qu\u2019elle perd de vue<\/em>, la paire d\u2019yeux de son mari L\u00e9onard. Elle le voit d\u2019abord s\u2019enfiler dans une rue en rentrant du march\u00e9, alors qu\u2019il est cens\u00e9 travailler \u00e0 l\u2019autre bout de la ville. Non \u00e7a ne peut pas \u00eatre lui, et qu\u2019est-ce qu\u2019il ferait l\u00e0&nbsp;? C\u2019est forc\u00e9ment quelqu\u2019un d\u2019autre. Anne-Fr\u00e9d\u00e9rique Rochat vient gratter l\u00e0 o\u00f9 \u00e7a fait mal. La situation que nous voulons tous \u00e9viter&nbsp;: le plus proche nous cache quelque chose. Dans la douceur du foyer vient frapper le mensonge. Armelle doute, plonge dans une nouvelle r\u00e9alit\u00e9 et est encore loin de la v\u00e9rit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><em>Ceux que l\u2019on porte sur elle<\/em>, cette jeune femme dont on partage la qu\u00eate. L\u2019intrigue repose sur les \u00e9paules d\u2019Armelle. Elle nous entraine et on r\u00e9fl\u00e9chit, enqu\u00eate et d\u00e9couvre tout en m\u00eame temps qu\u2019elle. Les quelques autres personnages, comme le mari d\u2019Armelle, nous restent ext\u00e9rieurs. Tout est fait pour que l\u2019on soit au plus proche de la jeune femme d\u00e9sempar\u00e9e. C\u2019est avec un naturel remarquable que ses pens\u00e9es deviennent les n\u00f4tres, sans que l\u2019on questionne sa lucidit\u00e9. Faudrait-il garder la t\u00eate froide au milieu des r\u00e9v\u00e9lations&nbsp;?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><em>Ceux de sa cr\u00e9atrice<\/em>, Anne-Fr\u00e9d\u00e9rique Rochat. Dans ce livre au format allong\u00e9 qui tranche avec son r\u00e9cit court mais tr\u00e8s efficace. L\u2019image d\u2019illustration nous pr\u00e9sente l\u2019ombre d\u2019une femme de profil derri\u00e8re sa fen\u00eatre alors qu\u2019il fait d\u00e9j\u00e0 bien sombre dehors. L\u2019intime d\u2019un couple nous est d\u00e9voil\u00e9. Tout ce que l\u2019on ne voudrait pas r\u00e9v\u00e9ler de soi. Elle nous prend, nous secoue si fort que l\u2019on ressort avec le tournis. Qu\u2019est ce qui est vrai&nbsp;? Que fait L\u00e9onard&nbsp;? Et comment Armelle va-t-elle d\u00e9couvrir la v\u00e9rit\u00e9&nbsp;? M\u00eame en gardant les yeux grands ouvert, tout est devenu flou.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Anne-Fr\u00e9d\u00e9rique Rochat,\u00a0<em>Le trouble<\/em>, Gen\u00e8ve, Editions Slatkine, 2024, 142 pages, 25 CHF.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Est-ce que je regarde ou suis-je plut\u00f4t regard\u00e9.e&nbsp;? Tous ces yeux qui fixent mais ne jugent pas. Une pr\u00e9sence vide, ils ne refl\u00e8tent que la bo\u00eete dans laquelle ils reposent. \u00ab&nbsp;Pouvaient-ils dormir m\u00eame s\u2019ils n\u2019avaient pas de paupi\u00e8re&nbsp;? 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