{"id":1729,"date":"2025-11-25T19:11:03","date_gmt":"2025-11-25T18:11:03","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/?p=1729"},"modified":"2025-11-25T19:11:04","modified_gmt":"2025-11-25T18:11:04","slug":"vous-netes-pas-seuls-nous-sommes-deux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/2025\/11\/25\/vous-netes-pas-seuls-nous-sommes-deux\/","title":{"rendered":"Vous n&rsquo;\u00eates pas seuls, nous sommes deux"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left\">Ils sont plusieurs. Les uns vivants, les autres morts. Les premiers ayant le regard, les mains et les outils st\u00e9rilis\u00e9s ancr\u00e9s sur et dans le corps des seconds. Entre vos mains, une version \u00e9crite de la peinture de Rembrandt, \u00ab\u00a0<em>La Le\u00e7on d\u2019Anatomie du Docteur Tulp<\/em>.\u00a0\u00bb\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Dans&nbsp;<em>Ce que peut un c\u0153ur,<\/em>&nbsp;aux \u00e9ditions&nbsp;<em>La Veilleuse<\/em>, Julien Burri offre un double r\u00e9cit, une double dissection&nbsp;: une enqu\u00eate sur le corps anonyme d\u2019un jeune homme livr\u00e9 \u00e0 la science, et&nbsp;<em>Petit conte noir<\/em>, un r\u00e9cit en 4 chapitres. Alors que le narrateur tente de \u00ab&nbsp;<em>combler les lacunes&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;pour retracer l\u2019histoire ambigu\u00eb de ce corps sans nom ni pass\u00e9, nous nous glissons dans sa peau afin de la saisir \u00e0 notre tour. Le corps, \u00e9tendu sur la table en inox, invite le narrateur \u00e0 diss\u00e9quer les seules ressources \u00e0 sa disposition pour p\u00e9n\u00e9trer cette histoire n\u00e9buleuse. L\u2019enqu\u00eate se dissout dans l\u2019anonymat des personnages et du narrateur lui-m\u00eame, r\u00e9duits \u00e0 de simples lettres, qui palpitent d\u00e9sormais entre les mains des lecteur-ices. Comme on attend le dernier souffle d\u2019un mourant, nous sommes aux aguets, avec le narrateur, d\u2019une r\u00e9ponse, d\u2019un indice permettant d\u2019identifier ce corps, mais aussi l\u2019inconnu&nbsp;<em>du Petit conte noir<\/em>. Dans ce dernier, les lecteur-ices sont tout autant d\u00e9phas\u00e9-e-s : ni identit\u00e9, ni contexte, on sait seulement que le narrateur s\u2019habille de la robe \u2013 ou de la peau, du corps&nbsp;? \u2013 de quelqu\u2019un d\u2019autre&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Il n\u2019\u00e9tait plus seul&nbsp;; ils \u00e9taient deux&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Une ombre sans corps, un corps sans ombre<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Alors que cette qu\u00eate d\u2019identit\u00e9 s\u2019enlise, le narrateur \u00e9voque ses propres m\u00e9moires. Chaque cours d\u2019anatomie, chaque coup de scalpel est comme une marche \u00ab&nbsp;<em>\u00e0 reculons<\/em>,&nbsp;<em>\u00e0 la recherche de nous-m\u00eames&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/em>Comme si nous \u00e9tions dans sa peau, nous commen\u00e7ons \u00e0 douter de notre identit\u00e9&nbsp;: comme si cette qu\u00eate \u00e9tait au fond la n\u00f4tre. Tout tourne autour des corps&nbsp;: celui du jeune inconnu, celui du narrateur, rcelui ev\u00eatu de la robe du&nbsp;<em>Petit conte noir<\/em>. Entre anatomie du corps et anatomie identitaire, on est dans une position d\u2019incertitude radicale : qui parle&nbsp;? \u00c0 qui appartient ce corps, cette peau, ce souvenir&nbsp;?&nbsp;&nbsp;\u00c9crire sur la peau pour d\u00e9couvrir ce qu\u2019elle d\u00e9robe sous les apparences corporelles, comme le fait Julien Burri, c\u2019est exhumer une identit\u00e9, ce que l\u2019on tait au fond de notre c\u0153ur, ce que l\u2019on a appris \u00e0 ignorer de nous-m\u00eames. \u00ab&nbsp;<em>Le corps est un livre \u00e0 d\u00e9chiffrer&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>Julien Burri, <em>Ce que peut le coeur<\/em>, Lausanne, La Veilleuse, 2025, 144 pages, 25 CHF.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ils sont plusieurs. Les uns vivants, les autres morts. 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