{"id":1787,"date":"2026-07-09T18:30:07","date_gmt":"2026-07-09T16:30:07","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/?p=1787"},"modified":"2026-07-09T18:30:14","modified_gmt":"2026-07-09T16:30:14","slug":"la-femme-de-menage-version-fribourgeoise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/2026\/07\/09\/la-femme-de-menage-version-fribourgeoise\/","title":{"rendered":"La femme de m\u00e9nage version fribourgeoise ?"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Neuf<\/strong>, c\u2019est le nombre pr\u00e9cis de coups de couteaux inflig\u00e9s par une domestique nomm\u00e9e Marthe \u00e0 son employeuse montpelli\u00e9raine.&nbsp;<strong>Un<\/strong>&nbsp;fait divers digne d\u2019un film&nbsp;: un meurtre sanglant, mais une enqu\u00eate se soldant sur une \u00ab&nbsp;simple&nbsp;\u00bb d\u00e9mence. Olivier Vonlanthen fait renaitre cette servante fribourgeoise, originaire d\u2019une terre \u00e0 laquelle il doit lui aussi son origine. Avec son premier roman publi\u00e9 aux \u00e9ditions&nbsp;<em>La Veilleuse<\/em>, il entreprend une d\u00e9marche originale en entrem\u00ealant \u00e9l\u00e9ments documentaires apriori r\u00e9els et r\u00e9cit(s) fictionnel(s).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Deux<\/strong>&nbsp;mondes qui se c\u00f4toient, mais que tout oppose. En 1968, ann\u00e9e du meurtre, les libert\u00e9s individuelles figurent au c\u0153ur du d\u00e9bat public, surtout en mai, surtout en France. Toutefois, cette lib\u00e9ration est relative. L\u2019auteur \u00e9tablit le tableau d\u2019une condition sociale inf\u00e9rieure, souvent oubli\u00e9e au profit de cette lib\u00e9ration mise au premier plan. Millie, servante pr\u00e9sente dans le best-seller&nbsp;<em>La femme de m\u00e9nage<\/em>&nbsp;de Freida McFadden\u2026 ou plut\u00f4t Marthe, cette femme singinoise au caract\u00e8re pieux, qui voue son existence aux autres, met en lumi\u00e8re ce quotidien laiss\u00e9 en retrait.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Trois<\/strong>&nbsp;pays. D\u00e9butant en France, en passant par le Maroc et se terminant en Suisse, l\u2019histoire de Marthe se d\u00e9roule de mani\u00e8re fragmentaire. L\u2019auteur, par des bouts de r\u00e9cits, bouleverse la chronologie du r\u00e9cit et d\u00e9cide de l\u2019inverser. S\u2019ouvrant sur la pulsion meurtri\u00e8re, le r\u00e9cit aborde par la suite l\u2019adolescence de Marthe, montrant une jeune fille peu s\u00fbre d\u2019elle. De fil en aiguille, Olivier Vonlanthen fait comprendre (ou presque) les raisons qui poussent une servante \u00e0 assassiner sa patronne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Quatre<\/strong>&nbsp;foyers diff\u00e9rents de celui o\u00f9 elle nait, tous dans des espaces distincts. Notre cher canton de Fribourg, que nous pensons connaitre, qu\u2019en \u00e9tait-il au XXe si\u00e8cle&nbsp;? Matran et Ueberstdorf, des endroits si proches g\u00e9ographiquement, mais qui renferment tant de diff\u00e9rences \u00e0 cette \u00e9poque. Rabat, un paysage lointain, qui n\u2019est pas familier pour Marthe non plus, lui r\u00e9serve des p\u00e9rip\u00e9ties inattendues, notamment quelques visions dont elle aurait pu se passer. Et Montpellier, l\u2019endroit du drame, o\u00f9 Marthe d\u00e9cide de faire mourir la \u00ab&nbsp;b\u00eate&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Cinq<\/strong>&nbsp;r\u00e9f\u00e9rences intertextuelles (et une r\u00e9f\u00e9rence musicale) qui pr\u00e9disent la suite de l\u2019histoire. Un passage de la Bible, un extrait de Maupassant illustrant les grandeur et chaleur marocaines ou Charlotte Delbo qui permet \u00e0 l\u2019auteur de l\u00e9gitimer sa d\u00e9marche, bien que p\u00e9rilleuse :&nbsp;\u00ab&nbsp;Je ne suis pas s\u00fbre que tout ce que j\u2019ai \u00e9crit soit vrai. Je suis s\u00fbre que tout est v\u00e9ridique.&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Six<\/strong>, le nombre de \u00ab&nbsp;chapitres&nbsp;\u00bb pr\u00e9sents dans l\u2019histoire. La majorit\u00e9 des titres d\u00e9crit simplement le cadre spatio-temporel de ce qui suit, sauf un, le dernier&nbsp;: \u00ab&nbsp;La photographie&nbsp;\u00bb. Cet \u00e9nonc\u00e9 laisse entrevoir une multitude de fins, dans toute sa polys\u00e9mie&nbsp;: un objet symbolique pour la fin de l\u2019histoire, ou pour des fins de vraisemblance\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Sept<\/strong>,&nbsp;<strong>huit<\/strong>, cela commence \u00e0 faire beaucoup. Qu\u2019est-ce que l\u2019auteur va-t-il bien pouvoir avancer pour justifier l\u2019exc\u00e8s de violence de Marthe&nbsp;?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">\u00ab\u00a0La derni\u00e8re, la neuvi\u00e8me, il ne sert pas \u00e0 grand-chose celui-l\u00e0, de coup, ni ceux qui pr\u00e9c\u00e8dent d\u2019ailleurs, seulement il fallait en \u00eatre s\u00fbre, oui, bien s\u00fbre, que la b\u00eate de Madame n\u2019ait plus d\u2019abri o\u00f9 se loger.\u00a0\u00bb. Neuf coups de couteau dus \u00e0 la folie d\u2019une pauvre servante, mais le silence m\u00e9diatique de l\u2019affaire cache une v\u00e9rit\u00e9 qui d\u00e9passe l\u2019acte d\u2019assassiner. Cette montpelli\u00e9raine n\u2019est-elle qu\u2019un symbole\u00a0?<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Vonlanthen Olivier,\u00a0<em>Notre-Dame-des-D\u00e9molies,<\/em>\u00a0Lausanne,<em>\u00a0<\/em>\u00c9ditions La Veilleuse, 2025, 224 pages, 28 CHF.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Neuf, c\u2019est le nombre pr\u00e9cis de coups de couteaux inflig\u00e9s par une domestique nomm\u00e9e Marthe \u00e0 son employeuse montpelli\u00e9raine.&nbsp;Un&nbsp;fait divers digne d\u2019un film&nbsp;: un meurtre sanglant, mais une enqu\u00eate se soldant sur une \u00ab&nbsp;simple&nbsp;\u00bb d\u00e9mence. Olivier Vonlanthen fait renaitre cette servante fribourgeoise, originaire d\u2019une terre \u00e0 laquelle il doit lui aussi son origine. Avec son [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":136,"featured_media":1788,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1787"}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/users\/136"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1787"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1787\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1789,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1787\/revisions\/1789"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1788"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1787"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1787"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1787"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}