{"id":232,"date":"2018-09-03T06:00:27","date_gmt":"2018-09-03T04:00:27","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/?p=232"},"modified":"2018-09-03T00:16:23","modified_gmt":"2018-09-02T22:16:23","slug":"calligraphies-du-corps-du-geste-a-la-trace-rencontres-sensibles-au-festival-litteraire-nyonnais-les-intimes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/2018\/09\/03\/calligraphies-du-corps-du-geste-a-la-trace-rencontres-sensibles-au-festival-litteraire-nyonnais-les-intimes\/","title":{"rendered":"Calligraphie(s) du Corps : du geste \u00e0 la trace &#8211; Rencontres sensibles au festival litt\u00e9raire nyonnais LES INTIMES"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Un samedi en fin d\u2019apr\u00e8s-midi, nous p\u00e9n\u00e9trons dans l\u2019enceinte du ch\u00e2teau de Nyon, gravissons un grand escalier en colima\u00e7on \u2013 escargot qui se d\u00e9roule et se d\u00e9ploie sur la verticalit\u00e9. Apr\u00e8s cette premi\u00e8re mise en corps, difficile de faire abstraction de cette l\u00e9g\u00e8re tension dans nos mollets, nous arrivons, enfin, dans une des salles du ch\u00e2teau perc\u00e9e de fen\u00eatres \u00e0 grands rebords\u00a0; plus tard je ne r\u00e9sisterai pas \u00e0 la tentation de m\u2019y asseoir pour observer, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la vitre, l\u2019\u00e9tendue bleue parsem\u00e9e de voiles blanches\u00a0: le lac dans sa robe de d\u00e9but de soir\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais pour l\u2019instant, il faut rejoindre la petite foule d\u00e9j\u00e0 assise, et attendre quelques minutes V\u00e9ronique Mermoud qui ne tardera pas \u00e0 nous offrir une lecture toute personnelle, au travers d\u2019extraits choisis par ses soins, du<em>Journal d\u2019un corps <\/em>de Daniel Pennac. Se d\u00e9voile \u00e0 nos oreilles l\u2019histoire d\u2019un corps de la vie \u00e0 la mort au rythme des cordes sensibles d\u2019une violoniste assise \u00e0 m\u00eame le sol, sourire rouge \u00e9clatant et petits airs f\u00e9\u00e9riques. L\u2019archet ponctue le texte qui prend vie au creux de la voix de V\u00e9ronique, on sourit jusqu\u2019aux rires, jusqu\u2019aux larmes parfois, aussi. Par le souffle de la voix, les vibrations du violon et les choix de la lectrice, le texte se r\u00e9v\u00e8le dans une dimension autre qui avait \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 mes yeux lors d\u2019une premi\u00e8re lecture solitaire et silencieuse, dans une \u00e9dition illustr\u00e9e par les dessins de Larcenet. D\u00e9sormais, il s\u2019est inscrit quelque part au creux de mes oreilles\u00a0: il fait sens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette lecture a eu lieudans le cadre du festival litt\u00e9raire nyonnais qui a vu le jour gr\u00e2ce \u00e0 Brigitte Ravenel, mezzo-soprano qui depuis plus de dix ans lui donne son identit\u00e9, son caract\u00e8re et son existence. Cette ann\u00e9e il a pour th\u00e8me majeur le corps. Ce choix n\u2019est pas anodin, il a \u00e9t\u00e9 inspir\u00e9 par les \u0153uvres de l\u2019artiste nyonnais auquel on rend hommage\u00a0: Pierre-Alain Bertola.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est d\u2019ailleurs au c\u0153ur des \u0153uvres de celui-ci que nous nous retrouvons le dimanche matin, pour partager une autre lecture\u00a0: un texte terrible, d\u00e9chirant. V\u00e9ronique Mermoud pr\u00eate sa voix aux maux d\u2019Emma Santos. L\u2019occasion de la rencontrer \u00e0 nouveau, nous confie-t-elle. Elle l\u2019avait d\u00e9j\u00e0 interpr\u00e9t\u00e9e dans un d\u00e9cor de blancheur lors de la premi\u00e8re mise en sc\u00e8ne de Gis\u00e8le Sallin, \u00e0 l\u2019aube du th\u00e9\u00e2tre des Osses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au rythme de la voix, le regard se perd sur les \u0153uvres qui nous entourent, gigantesques, monstrueuses, faites de corps tortur\u00e9s, et rouges, inspir\u00e9s par Foucault, Rimbaud ou encore Frankenstein. La derni\u00e8re page tourn\u00e9e, le dernier mot prononc\u00e9, l\u2019assembl\u00e9e rend hommage et remercie la lecture par un long silence, les regards se croisent, les souffles sont coup\u00e9s. Et puis les langues se d\u00e9lient et se confient. LES INTIMES c\u2019est aussi l\u2019occasion de se partager et de se rencontrer au travers de textes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre dernier rendez-vous de cette \u00e9dition 2018 se d\u00e9roule le 28 juin \u2013 nuit de pleine lune. LES INTIMES s\u2019ach\u00e8vent par une explosion des sens\u00a0: un concert en musique et en images. Ainsi apr\u00e8s avoir donn\u00e9, le temps d\u2019une soir\u00e9e, voix et corps \u00e0 Charlotte Salomon (2017) et avant cela \u00e0 Alo\u00efse (2016), celle qui se r\u00eavait cantatrice, \u00e0 l\u2019h\u00f4pital psychiatrique de Gimel, aux travers de mots et de dessins, cette ann\u00e9e les murs du ch\u00e2teau s\u2019habillent des \u0153uvres de l\u2019artiste Pierre-Alain Bertola, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur gr\u00e2ce \u00e0 une exposition temporaire et exceptionnelle, et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, sur la pierre blanche, par une projection \u2013 fin \u00e9piderme \u00e9ph\u00e9m\u00e8re \u2013 accompagnant un quintette instrumental men\u00e9 par le oud et le qanun et port\u00e9 par deux voix lyriques. Ainsi, nous d\u00e9couvrons dans une soir\u00e9e d\u2019\u00e9t\u00e9, \u00e0 mesure que le soleil se dissimule pour laisser, par le noir, na\u00eetre la lumi\u00e8re, des \u0153uvres choisies de Bertola mettant en sc\u00e8ne des corps\u00a0; ceux dessin\u00e9s bien s\u00fbr mais \u00e9galement un autre corps que l\u2019on devine, celui de l\u2019artiste lui-m\u00eame \u2013 encrage de mouvements en devenir calligraphie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Festival litt\u00e9raire, LES INTIMES nous offrent ainsi une vision autre du texte, un regard qui le traverse et brise ses limites, \u00e0 l\u2019image du trait de Bertola, \u00e0 la fronti\u00e8re de la danse et de la calligraphie, qui avec un seul geste peut nous raconter les secrets dissimul\u00e9s dans l\u2019ondulation des courbes f\u00e9minines aux formes v\u00e9g\u00e9tales. Une invitation \u00e0 d\u00e9couvrir ou red\u00e9couvrir des textes au travers de ce que nous poss\u00e9dons de plus intime\u00a0: nos corps.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Cr\u00e9dits photographiques :<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Pierre-Alain Bertola,<br \/>\nS\u00e9rie portraits de femme, 1998 (?), Crayon de graphite avec rehauts \u00e0 l&rsquo;encre de chine sur papier, 70 x 50cm<br \/>\nPhoto: Marc-Andr\u00e9 Gentinetta<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un samedi en fin d\u2019apr\u00e8s-midi, nous p\u00e9n\u00e9trons dans l\u2019enceinte du ch\u00e2teau de Nyon, gravissons un grand escalier en colima\u00e7on \u2013 escargot qui se d\u00e9roule et se d\u00e9ploie sur la verticalit\u00e9. 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