{"id":640,"date":"2019-11-11T06:00:32","date_gmt":"2019-11-11T05:00:32","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/?p=640"},"modified":"2019-10-29T18:09:56","modified_gmt":"2019-10-29T17:09:56","slug":"grand-national","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/2019\/11\/11\/grand-national\/","title":{"rendered":"Sur les traces d&rsquo;une m\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Carlo ne peut plus se r\u00e9fugier dans l\u2019humus, la ros\u00e9e et les fleurs de ses clients. Sa vocation de paysagiste ne suffit plus \u00e0 le prot\u00e9ger du monde lorsque sa femme le quitte et sa m\u00e8re, Pia, s\u2019enfuit de la maison de retraite. Avec l\u2019aide d\u2019Agon, un ouvrier kosovar au pass\u00e9 \u00e9crasant et fin observateur de la nature (humaine), Carlo arpente la ville. Lorsqu\u2019il retrouve Pia au Grand National, l\u2019angoisse fait place \u00e0 l\u2019interrogation\u00a0: qui est r\u00e9ellement sa m\u00e8re, quel est son pass\u00e9 et pourquoi, dans la confusion de la vieillesse, est-elle retourn\u00e9e dans l\u2019h\u00f4tel du village de sa jeunesse ? Entre le luxuriant mais d\u00e9sert\u00e9 parc avec vue sur la Riviera et la salle de r\u00e9ception surann\u00e9e de cet \u00e9tablissement fig\u00e9 dans un si\u00e8cle o\u00f9 les fortun\u00e9s venaient se distraire lors de la deuxi\u00e8me Guerre Mondiale, les recherches commencent. Au milieu du tumulte de sa vie sentimentale, Carlo parvient progressivement \u00e0 arracher des r\u00e9ponses \u00e0 sa m\u00e8re sur les origines de sa naissance. Tandis que la vie de sa m\u00e8re se d\u00e9voile peu \u00e0 peu, la relation entre Carlo et son \u00e9pouse demeure quant \u00e0 elle en suspens. Comme le lecteur, Carlo est laiss\u00e9 dans l\u2019expectative, mais comme Agon, il reste sto\u00efque face aux \u00e9preuves, gr\u00e2ce au r\u00e9confort d\u2019une nature immuable et apaisante, \u00e9l\u00e9ment fondamental de ce livre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Je suis particuli\u00e8rement sensible \u00e0 l\u2019odeur de la terre quand l\u2019humidit\u00e9 descend le soir. Le monde se repose. Il reprend ses forces. Sans la nuit r\u00e9paratrice, tout sur cette plan\u00e8te finirait par s\u2019\u00e9tioler, par se briser, par crever us\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la corde par la lumi\u00e8re du soleil.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme dans son pr\u00e9c\u00e9dent roman, le tr\u00e8s remarqu\u00e9 <em>Milieu de l\u2019horizon<\/em>, Buti revient \u00e0 ses th\u00e9matiques privil\u00e9gi\u00e9es : des protagonistes spectateurs de leur propre destin, le d\u00e9racinement familial, l\u2019omnipr\u00e9sence de la nature dans une soci\u00e9t\u00e9 qui s\u2019efforce de la r\u00e9duire \u00e0 n\u00e9ant, une Suisse disparue mais dont l\u2019histoire p\u00e8se encore sur ses habitants. Enfin, le dernier \u00e9l\u00e9ment r\u00e9current dans l\u2019imaginaire de l\u2019auteur est l\u2019\u00e9volution des personnages\u00a0: prisonniers d\u2019un microcosme tenant presque du huis clos, ils se heurtent \u00e0 la vie et aux secrets de leurs proches. Le r\u00e9confort de la nature, l\u2019insuffisance de la parole et le caract\u00e8re obs\u00e9dant d\u2019un h\u00f4tel cathartique constituent l\u2019essence de ce livre et de ses protagonistes, parmi lesquels Agon semble seul \u00e0 pouvoir communiquer et aider les autres \u00e0 se d\u00e9faire d\u2019un silence st\u00e9rile. Dans le Grand National aux longs couloirs t\u00e9moignant d\u2019une \u00e9poque faste, le pass\u00e9 d\u2019une m\u00e8re ressurgit, le pr\u00e9sent se fissure.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Marie Maury<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Roland Buti, <em>Grand National<\/em>, Editions Zo\u00e9, 2019, 160p., 24 CHF.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Un merci particulier aux Editions Zo\u00e9 qui ont gracieusement accept\u00e9 d\u2019envoyer un exemplaire du roman avant sa parution officielle.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Carlo ne peut plus se r\u00e9fugier dans l\u2019humus, la ros\u00e9e et les fleurs de ses clients. 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