{"id":666,"date":"2019-12-16T06:00:14","date_gmt":"2019-12-16T05:00:14","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/?p=666"},"modified":"2019-12-16T10:19:47","modified_gmt":"2019-12-16T09:19:47","slug":"le-cristal-de-nos-nuits-une-memoire-litteraire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/2019\/12\/16\/le-cristal-de-nos-nuits-une-memoire-litteraire\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Le Cristal de nos nuits\u00a0\u00bb : une m\u00e9moire litt\u00e9raire"},"content":{"rendered":"<div class=\"csColumn\" style=\"margin: 0px; padding: 10px; float: left; width: 100%; font-size: 11pt; line-height: 1.5em; letter-spacing: 0.5px; background-color: #d8d8d8;\" data-csstartpoint=\"543\" data-csendpoint=\"945\" data-cswidth=\"41.9%\" data-csid=\"82f3d651-5f92-fb39-a486-fe676ebb0a5b\">\n<p style=\"text-align: justify;\">En parall\u00e8le de sa carri\u00e8re de m\u00e9decin, le vaudois Fr\u00e9d\u00e9ric Lamoth est aussi l\u2019auteur de sept romans ou recueils de nouvelles publi\u00e9s chez Bernard Campiche : <em>La mort digne<\/em> en 2003, <em>Les Sir\u00e8nes de Budapest<\/em> en 2004, <em>Orion<\/em> en 2008, <em>Sur fond blanc<\/em> en 2013, <em>L\u00e8ve-toi et march<\/em>e en 2016 et enfin, celui qui nous int\u00e9resse ici, <strong><em>Le Cristal de nos nuits<\/em><\/strong> cette ann\u00e9e.<\/p>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une myst\u00e9rieuse Allemande assise \u00e0 une terrasse, un soldat d\u00e9sarticul\u00e9 dans la neige, la fosse aux ours de Berne endeuill\u00e9e, la guerre aux fronti\u00e8res, une croix gamm\u00e9e perdue dans les Grisons, un musicien r\u00eaveur et nostalgique, un \u00e9tang rid\u00e9 par le vent et une fen\u00eatre qui se brise dans la nuit se succ\u00e8dent au fil des pages de cette septi\u00e8me publication de Fr\u00e9d\u00e9ric Lamoth comme autant de petits tableaux vivants du quotidien suisse durant la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019unit\u00e9 du recueil repose sur les lieux et l\u2019\u00e9poque que les nouvelles d\u00e9crivent. Au d\u00e9but du livre, l\u2019auteur reproduit des extraits de quotidiens romands, le <em>Journal de Gen\u00e8ve <\/em>et la <em>Gazette de Lausanne<\/em>, qui pr\u00e9sentent des anecdotes, des faits anodins sur la vie de tous les jours durant les ann\u00e9es quarante. Tout le projet du <em>Cristal de nos nuits <\/em>est l\u00e0\u00a0: l\u2019auteur veut faire revivre la m\u00e9moire de cette pesante \u00e9poque gr\u00e2ce \u00e0 la fiction et au r\u00e9cit. L\u2019id\u00e9e de m\u00e9moire est en effet omnipr\u00e9sente, elle traverse tous ces tableaux litt\u00e9raires. Mais attention, <em>Le<\/em> <em>Cristal de nos nuits <\/em>n\u2019est pas un roman historique, ni un livre d\u2019historien. Fr\u00e9d\u00e9ric Lamoth prend un autre angle\u00a0: \u00ab\u00a0Ici l\u2019histoire est intime\u00a0; elle se transmet au porte \u00e0 porte. On la murmure dans les alc\u00f4ves. Elle est semblable \u00e0 ces petites lumi\u00e8res qui veillent derri\u00e8re la fa\u00e7ade, entre des cloisons herm\u00e9tiques, dans des pi\u00e8ces qui ne communiquent pas entre elles\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les nouvelles sont prenantes et l\u2019attention du lecteur vite capt\u00e9e. Le second texte, qui narre l\u2019attente p\u00e9nible d\u2019un \u00e9ventuel ennemi et la mort accidentelle d\u2019un soldat pendant la mobilisation aux fronti\u00e8res, en est un bon exemple. On y ressent le d\u00e9s\u0153uvrement, l\u2019ennui et l\u2019isolement du narrateur. Fr\u00e9d\u00e9ric Lamoth ne se prive d\u2019ailleurs pas de quelques tentatives po\u00e9tiques\u00a0: \u00ab\u00a0Au-del\u00e0 du pont, c\u2019\u00e9tait la mer des p\u00e2turages. Les vagues vertes, fig\u00e9es sous le soleil. Le silence\u2026 Notre terrain d\u2019entente, o\u00f9 l\u2019on s\u2019\u00e9battait comme les poissons muets. Le vol d\u2019une gu\u00eape nous interpellait avec des points de suspension\u00a0\u00bb. Le seul b\u00e9mol qu\u2019on pourrait relever est le manque de saveur des dialogues qui semblent par endroits un peu artificiels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 travers ces sept sayn\u00e8tes qui se suivent et se compl\u00e8tent, l\u2019auteur nous donne une image litt\u00e9raire d\u2019une Suisse \u00e0 l\u2019ombre de l\u2019inqui\u00e9tant Troisi\u00e8me Reich. Fr\u00e9d\u00e9ric Lamoth r\u00e9ussit son projet de revisiter un pan de l\u2019Histoire helv\u00e9tique avec <em>Le Cristal de nos nuits<\/em>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Julien Philippoz<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b><span lang=\"FR\">Fr\u00e9d\u00e9ric Lamoth, <em>Le Cristal de nos nuits<\/em>, Bernard Campiche\u00a0\u00c9diteur, Ao\u00fbt 2019, 135 pages, 27 francs.<\/span><\/b><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En parall\u00e8le de sa carri\u00e8re de m\u00e9decin, le vaudois Fr\u00e9d\u00e9ric Lamoth est aussi l\u2019auteur de sept romans ou recueils de nouvelles publi\u00e9s chez Bernard Campiche : La mort digne en 2003, Les Sir\u00e8nes de Budapest en 2004, Orion en 2008, Sur fond blanc en 2013, L\u00e8ve-toi et marche en 2016 et enfin, celui qui nous [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":20,"featured_media":678,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[1],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/666"}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/users\/20"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=666"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/666\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":686,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/666\/revisions\/686"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/media\/678"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=666"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=666"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=666"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}