{"id":76,"date":"2018-04-09T06:06:13","date_gmt":"2018-04-09T04:06:13","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/?p=76"},"modified":"2018-04-06T16:07:59","modified_gmt":"2018-04-06T14:07:59","slug":"atelier-uncreative-writing-avec-heike-fiedler","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/2018\/04\/09\/atelier-uncreative-writing-avec-heike-fiedler\/","title":{"rendered":"Atelier (un)creative writing avec Heike Fiedler"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Ici, presque tout le monde est traducteur, plus encore traductrice. Chaque d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e \u00e0 Bienne, ville d\u2019accueil de l\u2019Institut litt\u00e9raire suisse, des \u00e9crivantes et \u00e9crivants de toute la Suisse et de ses alentours se retrouvent pour un week-end d\u2019ateliers autour des pratiques d\u2019\u00e9criture, de la traduction, de la cr\u00e9ation litt\u00e9raire.<\/p>\n<div class=\"csRow\" style=\"text-align: justify;\">\n<div class=\"csColumn\" style=\"margin: 0px; padding: 0px; float: left; width: 50.5%;\" data-csstartpoint=\"0\" data-csendpoint=\"485\" data-cswidth=\"50.5%\" data-csid=\"23109760-e329-cabd-8746-b57cf6249fd4\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le programme des <em>Bieler Gespr\u00e4che \/\u00a0Incontri di Bienne \/\u00a0Rencontres de Bienne 2018<\/em>, j\u2019ai d\u00e9nich\u00e9 un des seuls ateliers qui soient francophono-compatibles, qui ne traitent pas de traduction vers ou depuis une langue nationale\u00a0; il n\u2019y a malheureusement rien qui exige mon niveau excellent en fran\u00e7ais &gt; babillage, babillage &gt; fran\u00e7ais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dimanche \u00e0 10 heures du matin, je suis donc assise dans une petite salle au sommet de l\u2019Institut litt\u00e9raire de Bienne\/Biel en compagnie de Heike Fiedler, po\u00e9tesse concr\u00e8te, performeuse, doctorante de la HKB. L\u2019atelier durera une petite heure trente\u00a0: c\u2019est parti pour un instant <em>powerpoint<\/em> \u2026 en allemand.<\/p>\n<p><em>(Un)creative writing<\/em> titrait l\u2019atelier. L\u2019inspiration magnifique de Victor Hugo <em>versus<\/em> la cr\u00e9ativit\u00e9 ludique de Raymond Queneau\u00a0? Travailler \u00e0 partir de soi comme cr\u00e9ateur, comme cr\u00e9atrice, authentique marmite de nouveaut\u00e9 (ou assumer que tout a \u00e9t\u00e9 dit, souvent bien dit, et \u0153uvrer en joueuse, en recycleur et d\u00e9placer son attention du r\u00e9sultat vers le processus\u00a0: c\u2019est cette notion <em>uncreative<\/em> qui nous int\u00e9ressera). Des r\u00e9flexions qui suivent celles de Julia Kristeva sur l\u2019intertextualit\u00e9 pass\u00e9es par les possibilit\u00e9s du web et plus sp\u00e9cialement du codage, soit un langage derri\u00e8re chaque image, derri\u00e8re chaque interface, derri\u00e8re chaque transaction. Enrichir la lettre, signifiante, de qualit\u00e9s r\u00e9f\u00e9rentielles\u00a0; en consid\u00e9rer la mat\u00e9rialit\u00e9 plastique et les propri\u00e9t\u00e9s sonores, lui donner des possibilit\u00e9s d\u2019action et des effets propres. Enfin, quelque chose comme \u00e7a, puisque le temps et l\u2019allemand m\u2019ont un peu limit\u00e9e. Heureusement, j\u2019ai quand m\u00eame retenu que Kenneth Goldsmith a \u00e9crit un livre sur le sujet\u00a0!<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"csColumnGap\" style=\"margin: 0px; padding: 0px; float: left; width: 6.04%;\"><img style=\"border: none;\" src=\"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-content\/plugins\/advanced-wp-columns\/assets\/js\/plugins\/views\/img\/1x1-pixel.png\" \/><\/div>\n<div class=\"csColumn\" style=\"margin: 0px; padding: 10px; float: left; width: 41.9%; font-size: 11pt; line-height:1.5em; letter-spacing:0.5px; background-color: #d8d8d8;\" data-csstartpoint=\"543\" data-csendpoint=\"945\" data-cswidth=\"41.9%\" data-csid=\"82f3d651-5f92-fb39-a486-fe676ebb0a5b\">\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00c0 propos\u2026<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chaque d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e depuis 2008, les <em>Bieler Gespr\u00e4che<\/em> r\u00e9unissent plusieurs langues, des auteurs, des traducteurs, et d\u00e9sormais toute personne int\u00e9ress\u00e9e et inscrite. Sur deux jours, tout le monde prend part \u00e0 une s\u00e9rie d\u2019ateliers d\u2019actions et de r\u00e9flexions autours des pratiques de la litt\u00e9rature. Chacun peut choisir d\u2019envoyer en amont un texte qui, s\u00e9lectionn\u00e9 en fonction du crit\u00e8re \u00ab\u00a0ce texte est-il int\u00e9ressant \u00e0 discuter\u00a0?\u00a0\u00bb, fera l\u2019objet d\u2019un travail en atelier. D\u2019autre ateliers proposent de pratiquer la traduction en collectifs, d\u2019autres encore abordent des aspects de la cr\u00e9ation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un calendrier litt\u00e9raire fait en grande majorit\u00e9 de rendez-vous entre les \u00e9crivains et le public, les <em>Incontri di Bienne<\/em> se distinguent en ce qu\u2019elles ressemblent bien plus \u00e0 des rencontres de travail. Elles proposent \u00e0 des praticiens de la litt\u00e9rature, \u00ab\u00a0professionnels ou non\u00a0\u00bb, de se retrouver deux jours durant pour \u00e9changer, essayer, travailler. Ensemble ou c\u00f4te-\u00e0-c\u00f4te, les participants ont la possibilit\u00e9 de suivre les ateliers ou de poursuivre des discussions dans l\u2019ambiance feutr\u00e9e et conviviale de l\u2019Institut litt\u00e9raire de Bienne.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"csColumnGap\" style=\"margin: 0px; padding: 0px; float: left; width: 1.56%;\"><img style=\"border: none;\" src=\"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/wp-content\/plugins\/advanced-wp-columns\/assets\/js\/plugins\/views\/img\/1x1-pixel.png\" \/><\/div>\n<div style=\"clear: both; float: none; display: block; visibility: hidden; width: 0px; font-size: 0px; line-height: 0;\"><\/div>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\"><br class=\"nc\" \/>Heike Fiedler nous distribue ensuite quelques extraits de textes en allemand, fran\u00e7ais et anglais. Ensuite, j\u2019ai bien compris\u00a0: on fait comme de (bons) DJs, on mixe\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nathalie Sarraute <em>featuring <\/em>Manfred Hausmann, Margareth Atwood <em>feat.<\/em> Sappho, \u2026 et puis tous <em>feat.<\/em> toutes, toutes <em>feat.<\/em> tous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019exercice est dr\u00f4le\u00a0! A partir de bribes, de mots r\u00e9colt\u00e9s \u00e0 diff\u00e9rentes sources on compose de nouvelles phrases, de nouveaux encha\u00eenements. Une des participantes souligne avec justesse la force de l\u2019esprit, qui cherche \u00e0 cr\u00e9er du sens partout avec la force \u00ab\u00a0d\u2019un bulldozer\u00a0\u00bb. En allemand, je choisis les termes en fonction de ma compr\u00e9hension, et je les mixe avec des morceaux de phrases plus ou moins longs en fran\u00e7ais et en anglais. Une autre francophone d\u00e9cide de faire des listes de noms\/adjectifs\/verbes plut\u00f4t que de tenter de comprendre les textes sources \u2013 au moment de pr\u00e9senter les textes, on comprend \u00e0 l\u2019enthousiasme de Heike Fiedler pour ces listes que quelque chose doit se jouer sur ce terrain, quand le sens passe au second plan, tandis que la forme gagne en importance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les r\u00e9sultats sont plut\u00f4t dr\u00f4les, plut\u00f4t rythm\u00e9s, certains syntagmes ont eu plus de succ\u00e8s que d\u2019autres. Et puis, press\u00e9s par le temps, la seconde consigne est de retravailler notre premier mixe avec des mots glan\u00e9s autours de nous, de notre correspondance whatsapp aux indications de comportement en cas d\u2019incendie. Je choisis de fouiller le contenu de mon porte-monnaie et suis surprise du nombre de mots cach\u00e9s entre mes pi\u00e8ces et sur mes tickets de train. La contrainte n\u2019est pas si contraignante, en fait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand on en arrive \u00e0 mixer \u00ab\u00a0toutes <em>feat.<\/em> tous\u00a0\u00bb, est-ce qu\u2019on fait finalement autre chose que \u00ab\u00a0composer avec les m\u00eames notes que Mozart\u00a0\u00bb\u00a0? Sans \u00eatre all\u00e9e tr\u00e8s loin dans l\u2019exp\u00e9rience concr\u00e8te et mat\u00e9rielle du langage, j\u2019ai v\u00e9cu une exp\u00e9rience p\u00e9dagogique, exp\u00e9rience qui pourrait avoir vis\u00e9 la d\u00e9complexification du rapport \u00e0 la cr\u00e9ation litt\u00e9raire. Comme l\u2019impression de faire des gammes\u00a0: jouer (avec) une base limit\u00e9e \u00e0 quelques motifs dans le but ensuite de mieux s\u2019en d\u00e9tacher gr\u00e2ce \u00e0 ces bases, \u00e0 la confiance et \u00e0 la technique acquises.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A la suite de l\u2019atelier, j\u2019ai senti une envie de modeler plus qu\u2019une envie d\u2019\u00e9crire, une envie de faire des collages, de m\u00e9langer des couleurs\u2026 mais je les ai remplac\u00e9es par une <em>uncreative<\/em> ballade au bord du lac, d\u00e9couvrant la face cach\u00e9e et lumineuse de Bienne que je pensais si grise. \u00c7a mixe tout de m\u00eame dans ma t\u00eate, j\u2019aime bien cette id\u00e9e de remixe perp\u00e9tuel qui propose \u00e9galement une dr\u00f4le de r\u00e9solution de l\u2019<em>ut pictura poesis<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Emma Schneider<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ici, presque tout le monde est traducteur, plus encore traductrice. Chaque d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e \u00e0 Bienne, ville d\u2019accueil de l\u2019Institut litt\u00e9raire suisse, des \u00e9crivantes et \u00e9crivants de toute la Suisse et de ses alentours se retrouvent pour un week-end d\u2019ateliers autour des pratiques d\u2019\u00e9criture, de la traduction, de la cr\u00e9ation litt\u00e9raire. 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