{"id":953,"date":"2021-04-19T06:00:00","date_gmt":"2021-04-19T04:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/?p=953"},"modified":"2021-04-18T16:35:51","modified_gmt":"2021-04-18T14:35:51","slug":"les-orageuses-des-justicieres-dans-la-ville","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/2021\/04\/19\/les-orageuses-des-justicieres-dans-la-ville\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Les orageuses\u00a0\u00bb : des justici\u00e8res dans la ville"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left\">L\u2019amiti\u00e9 masculine que l\u2019on qualifie volontiers de fraternit\u00e9 est un sujet largement abord\u00e9 et d\u00e9velopp\u00e9 en litt\u00e9rature comme au cin\u00e9ma. Du&nbsp;<em>Banquet<\/em>&nbsp;de Platon \u00e0&nbsp;<em>Stand by me<\/em>, de Montaigne au&nbsp;<em>Seigneur des anneaux<\/em>, nous voyons comment l\u2019amiti\u00e9 entre gar\u00e7ons peut au minimum \u00e9lever l\u2019\u00e2me et au maximum sauver tout simplement le monde des volont\u00e9s h\u00e9g\u00e9moniques de Sauron. Marcia Burnier nous propose dans son premier roman,&nbsp;<em>Les Orageuses<\/em>, de suivre cette fois un groupe d\u2019ami<strong><u>e<\/u><\/strong>s soud\u00e9es par un d\u00e9sir commun de vengeance.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h2>La sororit\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Si ce groupe est compos\u00e9 de sept femmes, deux d\u2019entre elles sortent du lot&nbsp;: Mia et Lucie. Le lecteur passe d\u2019un point de vue \u00e0 l\u2019autre \u00e0 chaque chapitre. Ce proc\u00e9d\u00e9 est pertinent car il illustre en quoi toutes les femmes sont diff\u00e9rentes et similaires \u00e0 la fois (\u00e9tonnant&nbsp;!). Voil\u00e0 ce que pense par exemple Lucie de l\u2019amiti\u00e9 f\u00e9minine au d\u00e9but du r\u00e9cit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-left\"><p>\u00ab\u00a0D\u00e9j\u00e0, elle n\u2019aimait pas trop les filles. Tout au plus, elle pouvait coucher avec elles, mais elle s\u2019en m\u00e9fiait. Elle les trouvait trop fragiles, trop volubiles, elle s\u2019entourait depuis des ann\u00e9es de gar\u00e7ons qui ne lui demandaient pas de parler.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Nous comprenons donc la difficult\u00e9 qu\u2019a Lucie \u00e0 d\u00e9velopper une v\u00e9ritable sororit\u00e9. C\u2019est au contact des autres filles et surtout des limites empathiques de son ami Flo que cette sororit\u00e9 devient envisageable. \u00c0 l\u2019inverse, Mia, d\u00e8s le d\u00e9but du roman, consid\u00e8re ses amies comme une famille&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-left\"><p>\u00ab\u00a0Elle prend le temps de bien les regarder toutes, sorci\u00e8res mes s\u0153urs, ces vengeresses, p\u00e9troleuses, pr\u00eatresses, toutes un peu ab\u00eem\u00e9es mais qui ont r\u00e9ussi \u00e0 se rafistoler comme elles pouvaient. Elle a une bouff\u00e9e d\u2019amour avant la violence et elle les regarde comme si elle regardait sa famille, Nina, Lila, In\u00e8s, Leo et Louise.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h2>Le viol<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Si cette sororit\u00e9 est possible, c\u2019est parce qu\u2019elles ont toutes subi un viol. Voil\u00e0 la deuxi\u00e8me contribution\u00a0de ce roman. Je croyais savoir ce qu\u2019\u00e9tait un viol. La nuit, de la violence, une p\u00e9n\u00e9tration. En r\u00e9alit\u00e9, chaque femme de ce groupe a subi une agression sexuelle diff\u00e9rente. Il y a diff\u00e9rents degr\u00e9s dans le viol. L\u2019exemple de Lucie est \u00e0 mentionner ici. Apr\u00e8s avoir ramen\u00e9 un homme chez elle, elle d\u00e9cide au dernier moment de renoncer \u00e0 l\u2019acte ce que le gar\u00e7on ignore (de bonne foi ou pas). Au matin, apr\u00e8s son d\u00e9part, elle ressent un poids en elle sans pouvoir \u00ab\u00a0dire ce qui avait d\u00e9rap\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-left\"><p>\u00ab\u00a0Elle s\u2019\u00e9tait recouch\u00e9e dans des draps propres puis relev\u00e9e \u00e0 seize heures, avait chial\u00e9 pendant quinze minutes, puis s\u2019\u00e9tait rallum\u00e9 une cigarette, et elle s\u2019\u00e9tait dit que \u00e7a ne devait pas \u00eatre bien grave, que c\u2019\u00e9tait pas comme dans les films, qu\u2019en vrai elle avait s\u00fbrement d\u00fb aussi un peu merder, elle ne se rappelait pas vraiment avoir dit non\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">S\u2019il peut \u00eatre difficile de consid\u00e9rer cela comme un viol, il faut admettre que ce cas tr\u00e8s particulier pr\u00eate \u00e0 r\u00e9flexion et pourrait encourager de plus amples discussions au sujet de la d\u00e9finition juridique du viol. Du reste, pousser \u00e0 la r\u00e9flexion est l\u2019une des vertus cardinales de ce roman. Diff\u00e9rents types de viol donc mais \u00e9galement diff\u00e9rents types de violeurs de classes sociales diverses (mais jamais d\u2019origines diverses, on y reviendra), ce qui vient casser \u00e9galement un potentiel clich\u00e9 de l\u2019agresseur. Nous assistons \u00e9galement aux d\u00e9g\u00e2ts psychologiques du viol et comment il bouleverse\u00a0la vie sexuelle des victimes ainsi que leur confiance en soi. Mia, par exemple, \u00ab\u00a0ne pouvait plus que jouir dans la honte, derri\u00e8re son \u00e9cran, seule chez elle, devant des films qui humilient toujours les m\u00eames filles\u00a0\u00bb. Ce roman aborde donc la question du viol de mani\u00e8re fine et exhaustive\u00a0et \u00e9vite de tomber dans le clich\u00e9 cin\u00e9matographique du viol type\u00a0<em>Irr\u00e9versible<\/em>\u00a0de Gaspar No\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h2>Les dysfonctionnements de la Justice<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Si cette sororit\u00e9 est n\u00e9cessaire, c\u2019est parce que le syst\u00e8me judiciaire n\u2019est pas efficace. Nous avons l\u00e0 un troisi\u00e8me sujet de soci\u00e9t\u00e9 abord\u00e9 par le roman. C\u2019est par le biais de Mia que nous sommes introduits au monde de la Justice. Son but \u00e0 elle est d\u2019assister aux proc\u00e8s<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-left\"><p>\u00ab\u00a0pour voir ce qui valait plus qu\u2019un viol\u00a0: le vol d\u2019un paquet de riz, d\u2019un parfum, la revente de 20 grammes d\u2019herbe, l\u2019outrage \u00e0 un agent, les violences volontaires avec moins de sept jours d\u2019ITT\u2026\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Nous voyons comment le viol est banalis\u00e9 et ignor\u00e9 par la justice fran\u00e7aise.&nbsp;\u00c0 travers l\u2019exemple de Leo, nous voyons \u00e9galement \u00e0 quel point la victime peut \u00eatre trait\u00e9e comme la coupable. Comment \u00e9tait-elle habill\u00e9e&nbsp;? Sort-elle souvent le soir&nbsp;? A-t-elle des m\u0153urs consid\u00e9r\u00e9es comme \u00ab&nbsp;l\u00e9g\u00e8res&nbsp;\u00bb&nbsp;? Nous sommes t\u00e9moins du manque de tact dont les enqu\u00eateurs peuvent faire preuve et comment malgr\u00e9 tout \u00ab&nbsp;elle l\u2019aura quand m\u00eame un peu cherch\u00e9&nbsp;\u00bb. Partant de l\u00e0, la narratrice d\u00e9nonce une solidarit\u00e9 masculine hypoth\u00e9tique entre policiers, juges et violeurs.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h2>Les exp\u00e9ditions punitives<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Face \u00e0 cette absence de justice, nos sept femmes d\u00e9cident de se la faire elles-m\u00eames. Elles vont donc rendre visite aux diff\u00e9rents violeurs qui ont abus\u00e9 d\u2019un membre du groupe.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-left\"><p>\u00ab\u00a0On vous retrouvera. Chacun d\u2019entre vous. On sonnera \u00e0 vos portes, on viendra \u00e0 votre travail, chez vos parents, m\u00eame des ann\u00e9es apr\u00e8s, m\u00eame lorsque vous nous aurez oubli\u00e9es, on sera l\u00e0 et on vous d\u00e9truira.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Je dois admettre avoir \u00e9t\u00e9 un peu d\u00e9\u00e7u par ces s\u00e9quences. Certes, plusieurs questionnements importants sont soulev\u00e9s. Est-il l\u00e9gitime de se faire justice soi-m\u00eame quand l\u2019\u00c9tat ne la garantit pas&nbsp;? En revanche, quelques limites sont \u00e0 soulever. Les justici\u00e8res mettent un point d\u2019honneur \u00e0 ne pas \u00eatre violentes. Elles se contentent d\u2019humilier le coupable et de vandaliser les lieux. Il est difficle de croire qu\u2019une victime de viol se contenterait de cela si elle avait son bourreau \u00e0 sa merci. Il manque ainsi un r\u00e9el sentiment jubilatoire de justice. Cela est d\u2019autant plus frustrant qu\u2019elles ont pour objectif explicite de se passer des hommes dans leur vendetta&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-text-align-left\"><p>\u00ab\u00a0On leur raconte que les hommes peuvent les venger \u00e0 leur place si elles ont de la valeur, qu\u2019il faut qu\u2019elles s\u2019en remettent aux autorit\u00e9s, \u00e0 leurs maris, \u00e0 leur p\u00e8re, \u00e0 leur meilleur ami, qu\u2019elles d\u00e9posent le poids de la violence chez un autre masculin pour que jamais elles ne puissent en \u00eatre complices.\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Or, nous avons le sentiment que cette vengeance est finalement tr\u00e8s (trop&nbsp;?) f\u00e9minine. Difficile donc de se passer de l\u2019homme si l\u2019on veut une vengeance compl\u00e8te. La veulent-elles&nbsp;?, me direz-vous. Les fantasmes d\u2019\u00e9masculation de Lucie montrent malgr\u00e9 tout que le d\u00e9sir de violence existe. N\u00e9anmoins, nous voyons que ces exp\u00e9ditions punitives leur permettent de faire le deuil et de se reconstruire psychologiquement. Punir le coupable soigne donc la victime.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<h2>Les limites du f\u00e9minisme intersectionnel<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Nous voil\u00e0 arriv\u00e9s \u00e0 la principale critique que j\u2019ai \u00e0 faire \u00e0 ce roman. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 surpris de voir que, si les violeurs sont de toutes origines sociales (tatoueur, agent immobilier, cadre politique, \u2026), si la narratrice ne se g\u00eane pas de pr\u00e9ciser la couleur de peau d\u2019un accus\u00e9, nous ne croisons jamais un violeur, ou ne serait-ce qu\u2019un harceleur, non-blanc. Cela est d\u2019autant plus curieux que selon divers t\u00e9moignages de Fran\u00e7aises habitant les m\u00e9tropoles<a href=\"applewebdata:\/\/D4F02A21-EE4B-4FA1-9F57-B5113C0DBECE#_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>, le harc\u00e8lement de rue est principalement d\u00fb \u00e0 des hommes d\u2019origine africaine. De plus, il y a dans le roman un Maghr\u00e9bin du nom de Bilal qui sort avec Mia. Celui-ci est le seul homme du livre \u00e0 ne jamais d\u00e9cevoir ni fauter. D\u2019ailleurs, les quartiers fr\u00e9quent\u00e9s par les h\u00e9ro\u00efnes (Aubervilliers, Montreuil, Ch\u00e2teau d\u2019Eau, le 18<sup>e<\/sup>) ne sont pas en reste de Fran\u00e7ais issus de l\u2019immigration. Ce qui veut dire que, selon l\u2019auteure, tous les hommes sont potentiellement des violeurs (ce qui est d\u2019autant plus vrai suite \u00e0 la r\u00e9v\u00e9lation finale #suspens) \u00e0 condition qu\u2019ils soient blancs. J\u2019aurais souhait\u00e9 plus de diversit\u00e9 dans le&nbsp;<em>casting<\/em>&nbsp;des m\u00e9chants. Ce manque de repr\u00e9sentation et d\u2019inclusion des minorit\u00e9s me d\u00e9pite. Faudrait-il en arriver aux quotas ethniques&nbsp;? \u00c9videmment, cela ferait mauvais genre de stigmatiser une communaut\u00e9 d\u00e9j\u00e0 opprim\u00e9e. Cette lacune r\u00e9v\u00e8le un probl\u00e8me plus large intrins\u00e8que au f\u00e9minisme intersectionnel, \u00e0 savoir l\u2019incoh\u00e9rence. Quand on veut \u00e0 la fois lutter contre la misogynie, le racisme, l\u2019islamophobie et le capitalisme, on s\u2019autocensure forc\u00e9ment dans la d\u00e9nonciation des coupables et il ne nous reste comme cible possible que le fameux m\u00e2le blanc catholique. L\u2019intersectionnalit\u00e9 emp\u00eache ainsi la justesse dans la lutte.Ce livre est court mais dense. Malheureusement, il \u00e9vite soigneusement d\u2019affronter une probl\u00e9matique qui n\u2019est pas des moindres. Il est difficile de dire si l\u2019auteure l\u2019ignore de bonne foi ou par peur d\u2019\u00eatre marqu\u00e9e de l\u2019anath\u00e8me courant mais douloureux de&nbsp;<em>racisme<\/em>. Moi, je m\u2019y risque. Apr\u00e8s tout, je n\u2019ai aucun livre \u00e0 vendre, juste quelques cr\u00e9dits \u00e0 valider. \u00c9tant optimiste et na\u00eff, j\u2019esp\u00e8re susciter des r\u00e9flexions.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">BURNIER Marcia,\u00a0<em>Les orageuses<\/em>, \u00c9ditions Cambourakis, \u00ab\u00a0Sorci\u00e8res\u00a0\u00bb, Paris, 2020, 142 pages.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><a href=\"applewebdata:\/\/D4F02A21-EE4B-4FA1-9F57-B5113C0DBECE#_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=FZeKFYH4ut8\">Le collectif N\u00e9m\u00e9sis<\/a>,&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.solveigmineo.com\/en-finir-avec-le-mythe-des-harceleurs-de-rue-blancs-video-solveig-mineo\/\">Solveig Mineo<\/a>,&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=vp4nYqOWaTU&amp;t=292s\">Marion<\/a>,\u2026<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019amiti\u00e9 masculine que l\u2019on qualifie volontiers de fraternit\u00e9 est un sujet largement abord\u00e9 et d\u00e9velopp\u00e9 en litt\u00e9rature comme au cin\u00e9ma. 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