{"id":965,"date":"2021-05-10T06:00:00","date_gmt":"2021-05-10T04:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/?p=965"},"modified":"2021-05-08T09:23:50","modified_gmt":"2021-05-08T07:23:50","slug":"a-quel-point-sommes-nous-enracines","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.unifr.ch\/anneedulivre\/2021\/05\/10\/a-quel-point-sommes-nous-enracines\/","title":{"rendered":"\u00c0 quel point sommes-nous enracin\u00e9s&#8239;?"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-left\">Qu\u2019on aime le jardinage ou pas,&nbsp;<em>Inflorescence&nbsp;<\/em>de Raluca Antonescu nous ram\u00e8ne \u00e0 un \u00e9tat primitif, li\u00e9 \u00e0 la terre et sp\u00e9cialement \u00e0&nbsp;<em>nos<\/em>&nbsp;terres. Une histoire relatant diff\u00e9rentes \u00e9tapes de maturation de quatre femmes, toutes li\u00e9es par le sang. On se retrouve propuls\u00e9 \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9poques, que ce soit l\u2019entre-deux-guerres, la fin des ann\u00e9es soixante ou encore le d\u00e9but du XXI<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle. Un v\u00e9ritable tourbillon, comme si nous entrions dans une machine \u00e0 remonter le temps qui s\u2019emballe et qui nous montre tout \u00e0 coup des brindilles du pass\u00e9 et du pr\u00e9sent. Mais il y a un endroit sur lequel le temps ne semble pas avoir d\u2019emprise&nbsp;:&nbsp;<em>le gouffre<\/em>, endroit mystique autour duquel on retrouve nos&nbsp;personnages&nbsp;attachants par leurs malheurs, intrigants par leur constante recherche de souvenirs, complexes \u00e0 l\u2019image de l\u2019\u00eatre humain. Tout au long du roman, on reconstitue petit \u00e0 petit l\u2019histoire de chacune des protagonistes ainsi que leur arbre g\u00e9n\u00e9alogique, non sans tr\u00e9bucher sur certaines racines. C\u2019est l\u00e0 o\u00f9 prend forme l\u2019art d\u2019Antonescu dans son troisi\u00e8me roman. Certains myst\u00e8res ne seront jamais perc\u00e9s, mais on a toujours une petite graine d\u2019id\u00e9e en t\u00eate\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><em>\u00ab&nbsp;Elle pensa \u00e0 une inflorescence, un petit \u00e9l\u00e9ment indissociable d\u2019un tout, et n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019enchev\u00eatrement de l\u2019ensemble.&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;En effet, les histoires d\u2019Alo\u00efse, Amalia, Catherine et Vivian s\u2019entrelacent, elles sont unies par le lien familial mais aussi par leur rapport \u00e0 la nature tant\u00f4t intime, tant\u00f4t hostile. Elles \u00e9voluent toutes dans des univers diff\u00e9rents&nbsp;: une jeune femme qui vit au centre de Gen\u00e8ve et qui est lasse de son travail peu stimulant, une enfant de la ferme dans le Jura o\u00f9 l\u2019environnement permet \u00e0 peine de survivre, une m\u00e9nag\u00e8re qui se veut parfaite, vivant dans un lotissement \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine born\u00e9 de plates-bandes \u00e9triqu\u00e9es, et une ancienne hippie activiste qui cherche sa place dans les grands territoires verts de la Patagonie. Malgr\u00e9 les drames familiaux, chacune d\u2019entre elles trouve le moyen de cultiver son propre jardin, le jardin de l\u2019intime, une histoire \u00e0 soi qui se m\u00eale et s\u2019entrem\u00eale \u00e0 celles des anc\u00eatres et des futures prog\u00e9nitures.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><em>\u00ab&nbsp;La beaut\u00e9 se contemple et se ressent. Elle poss\u00e8de un rayonnement qui t\u2019atteint et te lie \u00e0 elle.&nbsp;\u00bb<\/em>&nbsp;C\u2019est ce que ce roman nous fait ressentir, sous une pluralit\u00e9 de formes.&nbsp;<em>Inflorescence&nbsp;<\/em>nous remet un peu d\u2019engrais, nous arrose d\u2019eau fra\u00eeche et nous fait grandir \u00e0 l\u2019embl\u00e8me des femmes de ce roman, fortes, ind\u00e9pendantes et aux racines robustes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Raluca Antonescu,&nbsp;<em>Inflorescence<\/em>, \u00c9ditions la Baconni\u00e8re, 2020, 257 pages, <br>26 CHF.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qu\u2019on aime le jardinage ou pas,&nbsp;Inflorescence&nbsp;de Raluca Antonescu nous ram\u00e8ne \u00e0 un \u00e9tat primitif, li\u00e9 \u00e0 la terre et sp\u00e9cialement \u00e0&nbsp;nos&nbsp;terres. Une histoire relatant diff\u00e9rentes \u00e9tapes de maturation de quatre femmes, toutes li\u00e9es par le sang. 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