Fille garçon

Par annemarie

Auteure/illustratrice : Hélène Druvert

Auteure/illustratrice : Hélène Druvert

Paris : Saltimbanque Éditions, 15 octobre 2021
Âge conseillé : 1–5 HarmoS
Type : Album animé

 

J’ai choisi le livre Fille garçon, car il traite d’un sujet qui me touche particulièrement : les stéréotypes de genre et leur influence dès le plus jeune âge. À l’école, ces stéréotypes sont très présents, parfois de manière discrète. Leurs effets peuvent être importants sur la manière dont les enfants se perçoivent et font leurs choix. Cet album m’a semblé être un bon support pour aborder ces questions avec les enfants. Il permet d’en parler de façon simple et accessible.

Dès les premières pages, le message du livre est clair. La phrase « Fille ou garçon, j’ai le droit… » revient à plusieurs reprises et structure l’ensemble de l’album. Cette idée est résumée dans la phrase : « Fille ou garçon, j’ai le droit de rêver de princesses et de châteaux… de batailles et de chevaliers ». Elle montre que les rêves et les envies ne devraient pas être limités par le genre, mais rester ouverts à chacun. Il n’y a pas de personnage principal fixe. Le livre présente différents enfants, parfois associés à des codes féminins, parfois à des codes masculins. Ce choix montre que le message s’adresse à toutes et tous, sans distinction. Chaque double page fonctionne comme une petite scène indépendante et met en lumière un aspect différent de la vie des enfants. On y retrouve, par exemple, les rêves, les envies, les émotions, la famille ou encore le droit de dire non. Certaines pages abordent aussi des réalités comme l’homosexualité ou la diversité des modèles familiaux, sans jamais les nommer directement. Le texte est court. Il est écrit à la première personne et est facile à comprendre. Il permet à chaque enfant de se reconnaître dans la voix qui parle et de se sentir concerné. L’ensemble est présenté avec douceur, sans jugement et sans ton moralisateur.

Les illustrations prennent une place très importante dans l’album. Les couleurs sont contrastées et attirent l’attention. Les personnages sont divers, ce qui permet une meilleure identification. Les éléments animés, comme les rabats ou les découpes, rendent la lecture plus dynamique. Ils ont aussi un sens symbolique. Par exemple, le fait de pouvoir enlever une main qui empêche de parler représente concrètement le droit de s’exprimer et de refuser. Cela rend le message plus compréhensible pour les jeunes enfants.

La lecture de ce livre m’a procuré un sentiment positif. Il montre un monde dans lequel les enfants peuvent être eux-mêmes, sans devoir correspondre à des attentes liées à leur genre. Il m’a également amenée à réfléchir à ma future pratique professionnelle. Je pourrais lire volontiers cet album à des élèves de 1–2H. Il pourrait être utilisé lors d’un moment collectif, suivi d’un échange simple avec les élèves. Ce livre peut aussi faire le lien avec les temps de jeux libres, en encourageant les enfants à choisir librement leurs jeux et leurs rôles sans distinction.

Selon moi, l’autrice a écrit ce livre pour permettre aux enfants de se sentir légitimes dans leurs choix, mais aussi pour inviter les adultes à questionner leurs propres représentations. Fille garçon est un album engagé, bienveillant et accessible, qui trouve facilement sa place en classe pour travailler l’inclusion et le respect de chacun dès le plus jeune âge.

Julie Pittet 1.5F

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