Madame Butterfly

Par annemarie

« Le visage de Butterfly ne laissait deviner aucun émoi ». Le célèbre opéra de Puccini raconté et illustré par Benjamin Lacombe !  Un livre poétique doté d’un format très attractif.

« Le visage de Butterfly ne laissait deviner aucun émoi ».

Le célèbre opéra de Puccini raconté et illustré par Benjamin Lacombe !  Un livre poétique doté d’un format très attractif.

Informations générales

Titre : Madame Butterfly

Collection : –

Auteur/Illustrateur : Benjamin Lacombe

Maison d’édition : Albin Michel Jeunesse

Date de parution : 2013

Degré conseillé : 6H et plus

 

Critique

 « Oh, Butterfly ! Ne dit-on pas que toucher les ailes d’un papillon le condamne ? »

Cette phrase c’est la première. Celle qui donne le ton, celle qui nous entraîne fatalement dans l’univers que Benjamin Lacombe a réussi à insuffler au livre : la poésie et la fragilité de la destinée.

Cette histoire, librement adaptée de l’Opéra Madame Butterfly de Giacomo Puccini et de Madame Chrysanthème de Pierre Loti, nous emmène dans un Japon du XIXème siècle, marqué par l’ouverture forcée du pays. On y raconte l’histoire d’amour tragique entre le lieutenant américain Pinkerton et une jeune geisha nommée Cio-Cio San. Pour lui, c’est un simple mariage de convenance, pour elle, une union sacrée. Un beau jour, le lieutenant prit d’une désolante lâcheté s’en va, sans jamais rompre vraiment. Elle s’enferme alors dans une promesse qu’elle jure éternelle et qui la ronge de jour en jour, celle de l’attente.

Ce livre, je l’ai lu étant enfant, et je me rappelle avoir été frappée par la mélancolie que laissent transparaître les images. On y retrouve non-seulement le côté aérien de la poésie, mais également cette pesanteur dans laquelle la destinée semble régner. Il y a dans cette histoire, comme un sentiment que le temps n’avance pas. On pourrait presque croire qu’il s’étire. Le lecteur se retrouve alors lui aussi plongé dans la prison de l’attente que s’inflige Butterfly. Le drame se dessine lentement, mêlé à une tristesse douce et persistante. Butterfly, quant à elle, peut paraître à la fois naïve et tragédienne, mais on peut lui accorder un côté touchant. Malgré la fragilité de l’espoir, elle voue une éternelle fidélité à une parole qui s’effrite de jour en jour. C’est aussi un personnage qui est douloureux à regarder. Elle est terriblement belle et surtout, terriblement rongée par la tristesse et l’attente. Son amour est si absolu qu’il en vient à effacer ses contours, faisant de Butterfly un personnage mystérieux, presque fantomatique. Chaque jour ressemble au précédent, et pourtant chaque jour la rapproche un peu plus de l’irréparable.

Elle n’attend pas seulement un homme, elle attend que le temps lui donne raison.

J’ai toujours considéré ce livre comme quelque chose de précieux. Il ne se présente pas sous la forme d’un album classique : c’est un objet à part entière. Sa taille, largement plus haute que la moyenne en fait un objet très imposant et très attrayant. Les quant à elle sont présentées sous forme de leporello (pliage ressemblant à un accordéon). Ce format, très ludique, permet clairement deux expériences de lectures : d’un côté l’histoire comprenant le texte et les images que l’on peut faire défiler page après pages, et de l’autre côté si l’on s’amuse à déplier le livre dans son entièreté, on y découvre une énorme fresque de 8m de long réalisé à l’aquarelle et au crayon.

Au contraire du récit qui lui est très lent, le livre est un véritable objet vivant.

Garance Fagherazzi 1.5F

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