Huguette la petite ogresse s’inquiète pour sa maman. La pauvre est toute seule depuis qu’elle s’est séparée de son papa ! Heureusement, Huguette a un plan pour l’aider. Mais trouver un prétendant adéquat est plus compliqué que prévu…
Informations générales :
- Autrice : Maude de Bel
- Illustratrice : Estelle Meens
- Maison d’édition : Édition Mijade
- Date de parution : 2024
- Âge conseillé : 1H-5H
Résumé :
Au pays des contes de fées, les parents d’Huguette la petite ogresse se sont séparés il y a 3 ans. Pour Huguette, tout va bien, mais elle s’inquiète beaucoup pour sa maman qui n’a toujours pas retrouvé d’amoureux. Décidant de passer à l’action, elle dessine une annonce qu’elle affiche sur la place du village pour attirer les prétendants. Seulement voilà, aucun d’entre eux n’est assez bien pour sa maman. Entre un Grand Méchant Loup qui ne pense qu’à la manger, un Prince Charmant qui désire juste l’embrasser, et trois petits cochons qui ne veulent que sa cuisine, Huguette est forcée de s’avouer vaincu. Penaude, elle dévoile son stratagème à sa maman, déçue de ne pas avoir pu l’aider. Mais surprise ! En fait, sa maman est très heureuse comme ça. Elle sorts, voit ses amis, et s’amuse beaucoup, même sans amoureux !
Mon avis :
J’ai trouvé cette histoire très intéressante car elle parle de divorce, un sujet souvent présenté comme source de tensions et de problèmes pour les enfants dans la littérature. Cependant, l’autrice préfère ici raconter un divorce qui se passe bien, autant pour les parents que pour l’enfant. Cette position permet de dédramatiser le sujet, de montrer qu’un divorce n’est pas toujours source de conflit ou de violence, mais peut être une situation parfaitement. L’enjeu du livre tourne plutôt autour de l’inquiétude d’Huguette pour sa maman, qu’elle imagine seule et malheureuse, alors qu’elle s’amuse chez son papa. On retrouve donc ici une trace d’un conflit de loyauté imposé à l’enfant par lui-même, inquiet d’abandonner un de ses parent au profit de l’autre. Le dénouement de l’histoire permet à la maman de rassurer son enfant, mais aussi de le décharger de cette responsabilité.
Un autre thème du livre est la représentation qu’ont les enfants des relations amoureuses, et de la vie en couple. Chacun des prétendants représente en quelque sorte une relation amoureuse toxique (le loup est violent, le prince veut utiliser l’ogresse pour arriver à ses propres fins et les trois petits cochons veulent être maternés), dont Huguette va pointer les défauts au fur et à mesure qu’elle les rejette. Cela poussera le lecteur à s’interroger sur les qualités requises pour être un « bon amoureux ». Mais la fin de l’histoire va plus loin, lorsqu’il est révélé que la maman d’Huguette n’a pas envie de retrouver l’amour. L’autrice démontre ici aux lecteurs que la vie en couple n’est pas la seule façon de vivre heureux, qu’il est possible d’être célibataire et de vouloir le rester. Je trouve ce message très positif à faire passer aux enfants.
En résumé, j’ai trouvé le livre agréable à lire et plaisant à regarder. Le ton reste léger et humoristique, et les personnages sont hauts en couleurs. J’ai trouvé le personnage d’Huguette attachant, avec son attitude v et débrouillarde. J’ai particulièrement apprécié le fait qu’elle ne soit pas naïve: elle est parfaitement capable de reconnaître un prétendant inadéquat. Je trouve que ce personnage permet à l’histoire de rester à hauteur d’enfant, sans paraître infantilisante. Les illustrations sont simples, mais remplies de détails, et représentent bien l’état d’esprit des personnages. L’histoire est courte et facile à comprendre, ce qui en fait un bon choix pour les enfants plus jeunes.
Utilisation en classe :
Ce livre parlera bien entendu sûrement aux élèves dont la situation personnelle ressemble à celle d’Huguette, et qui sont peut-être confrontés aux mêmes questionnements. Mais il pourrait aussi trouver sa place dans le cadre d’une séquence sur les contes de fées. Il détourne en effet beaucoup d’archétypes traditionnels, comme le Grand Méchant Loup, le Prince Charmant, ou la sorcière. On pourrait donc imaginer s’en servir comme exemple lors d’une leçon sur les personnages de contes de fées, afin de démontrer leur utilisation dans une histoire d’un autre style littéraire.
Benoît Delabays / 1.1F
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