Henri Dès raconte une histoire de sorcière

Par annemarie

À minuit pile, Colette, une sorcière au caractère bien trempé, sort de sa cachette pour récupérer son sac à sorts oublié dans une maison. Accompagnée de Gaston, son balai bavard, elle enchaîne les maladresses, les formules ratées et les situations cocasses. Bien décidée à prouver qu’elle est une sorcière vraiment très méchante, Colette va vivre une nuit pleine de surprises, où la peur laisse rapidement place à l’humour.

INFORMATIONS FORMELLES

Auteur : Dominique Foufelle
Illustratrice : Marion Billet
Narration : Henri Dès
Maison d’édition : Éditions du Chêne
Date de parution : 2008
Âge conseillé : 4–10 ans (cycle 1 – début cycle 2)

A PROPOS DU LIVRE

La première de couverture m’a immédiatement attirée par son univers coloré et expressif. Le personnage de la sorcière, loin d’être effrayant, semble déjà maladroit et attachant. Cette impression se confirme très vite à la lecture : l’histoire détourne les codes traditionnels de la sorcière méchante pour proposer un personnage comique, râleur et surtout très tête en l’air.

Ce qui m’a particulièrement plu, c’est le ton du texte. L’auteur utilise un vocabulaire riche, ponctué de jurons inventés, de répétitions et d’expressions exagérées qui donnent beaucoup de rythme à la lecture à voix haute. Les dialogues entre Colette et son balai Gaston renforcent l’aspect humoristique du récit et instaurent une véritable complicité avec le lecteur.

Les illustrations de Marion Billet occupent toujours une double page et accompagnent parfaitement le texte. Elles permettent de mieux comprendre les émotions des personnages et de suivre l’action, même pour les plus jeunes. Le fait que les personnages soient des animaux (la sorcière étant un chat, le balai un personnage à part entière et l’enfant un lapin) adoucit l’univers de la sorcellerie et rend l’histoire rassurante.

Un autre aspect très intéressant de cet ouvrage est la dimension sonore. La narration par Henri Dès et l’ajout de la chanson La Sorcière de minuit à la fin enrichissent l’expérience de lecture. La chanson, racontée du point de vue de l’enfant, propose un regard différent sur la sorcière et permet de désamorcer la peur liée à la nuit grâce à l’humour et à la musique.

Tout au long de l’histoire, je me suis interrogée sur le personnage de Colette. Est-elle réellement méchante ou cherche-t-elle simplement à être reconnue par les autres sorcières ? Son obsession à vouloir faire peur contraste avec ses oublis constants et ses échecs, ce qui la rend finalement très humaine et attachante.

QU’EN FAIRE À L’ÉCOLE ?

Ce livre est pour moi un doux souvenir d’enfance plein de potentiel pour l’école. Il allie humour, richesse du langage, illustrations expressives et support audio, ce qui en fait un album idéal pour une lecture collective. Je le lirais volontiers en classe, notamment pour travailler la compréhension orale avec le CD, le vocabulaire expressif ou encore les émotions.

Il pourrait également être exploité pour discuter avec les enfants de la peur, de l’image que l’on veut donner aux autres ou encore du fait qu’on peut se tromper sans que cela soit grave. La chanson associée permettrait un prolongement en musique ou en expression corporelle.

Enfin, cet album montre que les sorcières ne sont pas toujours celles que l’on croit, et qu’un personnage dit « méchant » peut aussi être source de rires et de tendresse.

Aurore Studer

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