Le dentiste qui avait peur des enfants

Par annemarie

Avez-vous déjà rencontré un dentiste qui avait peur des enfants ? Dans ce livre de Till the Cat, vous découvrirez l'histoire d'Anatole, un dentiste qui avait peur des enfants, ainsi que Léonie, une fillette qui va inverser les rôles dans une aventure qui présente la peur avec humour.

Auteur : Till the Cat
Illustrateur : Gérald Guerlais
Éditeur : Gautier-Languereau
Parution : 2023
Âge conseillé : dès 4 ans / dès 1-2H
Catégorie du blog : Littérature jeunesse

⭐ Critique littéraire

Dans Le dentiste qui avait peur des enfants, Till the Cat renverse avec humour et tendresse une situation que beaucoup connaissent : la visite chez le dentiste. Ici, ce n’est pas l’enfant qui tremble sur la chaise, mais bien le dentiste lui‑même, Anatole Mandibule, héritier d’une longue lignée persuadée que les enfants sont… terrifiants. Des histoires de doigts croqués et de bruits étranges hantent sa famille depuis des générations, au point de transformer la simple arrivée d’une petite patiente en véritable scène d’angoisse. Pourtant, lorsque Léonie franchit la porte, c’est elle qui va rassurer ce professionnel paniqué et montrer que la peur naît souvent de l’imagination plutôt que de la réalité. Une inversion malicieuse qui donne immédiatement envie d’en connaître la suite.

Si j’ai choisi ce livre, c’est d’abord pour sa couverture colorée et expressive : elle montre Anatole crispé, tenant ses outils comme s’il partait à la guerre. Elle m’a fait sourire et m’a rappelé mes propres visites un peu stressantes, ce qui crée une complicité immédiate avec le lecteur. Les illustrations de Gérald Guerlais sont d’ailleurs l’un des grands atouts de l’album : riches en détails, caricaturales, elles amplifient les émotions et ajoutent une énergie comique très efficace. Elles rendent Léonie immédiatement sympathique et donnent vie à tout l’univers d’Anatole.

Ce qui m’a particulièrement plu, c’est la manière dont l’auteur utilise l’humour pour faire passer un message rassurant : la peur n’est jamais une fatalité. Voir un enfant expliquer calmement au dentiste qu’il peut poser toutes les questions qu’il veut renverse les codes traditionnels et montre que chacun peut apprendre de l’autre, quel que soit son âge. Le livre suscite surtout de la joie, on sourit beaucoup, mais aussi un léger frisson quand Anatole évoque les légendes familiales, juste assez pour rester dans l’imaginaire avec plaisir.

Parmi les personnages, Léonie est celle que j’ai préférée : courageuse, douce, et surtout incroyablement patiente. Elle représente la simplicité et la bienveillance, ce qui contraste avec l’exagération d’Anatole. D’ailleurs, celui‑ci est volontairement trop nerveux, ce qui le rend immédiatement attachant. On se surprend à espérer qu’il réussira à surmonter sa phobie. Même si je ne m’identifie pas à lui, je comprends son appréhension : une peur amplifiée par les histoires et non par la réalité.

Selon moi, l’auteur a écrit ce livre pour dédramatiser le rapport au soin, plus spécifiquement aux dentistes, en jouant sur l’humour et l’empathie. C’est un livre que je recommanderais volontiers aux jeunes enfants… et aux parents qui appréhendent la première visite chez le dentiste. En classe, il trouverait parfaitement sa place : on pourrait l’utiliser pour discuter des peurs, de la façon dont elles naissent, se transmettent, et comment on peut les dépasser. Il offrirait aussi une belle entrée pour préparer les enfants à leur première visite du dentiste scolaire et à en discuter en classe.

Si je pouvais poser une question à Till the Cat, ce serait : « D’où vient l’idée de faire peur au dentiste plutôt qu’à l’enfant ? » J’aimerais savoir si c’est une expérience vécue ou une simple envie de renverser les attentes des lecteurs.

Au final, Le dentiste qui avait peur des enfants est une petite histoire qui fait rire, qui rassure, et qui traite un thème souvent stressant avec sensibilité et inventivité. Un ouvrage qui mérite largement d’être découvert, partagé et lu à haute voix.

Rédigé par Théo Galley

Commentaires

Les commentaires sont fermés