Informations sur l’ouvrage
Auteur : Joris Chamblain
Illustratrice : Sandrine Goalec
Date de parution : 28 novembre 2018
Maison d’édition : Louvre éditions & Éditions Delcourt
Âge conseillé : 10-13 ans
Résumé :
Milo est jeune élève passionné d’art. Il passe une grande partie de son temps libre au Louvre, car sa maman y travaille. Pour un exposé scolaire, il photographie les visages des visiteurs, présentant à ses camarades leurs réactions et les causes de celles-ci. Par après, sur une photo, il remarque une petite souris qui semble l’observer.
Cette souris se nomme Ésope, c’est l’héritier du clan grecque. Dans les coulisses du Louvre existe tout un monde caché : des clans de souris inspirés des grandes civilisations (égyptiens, grecs, romains…). Ils se sont donnés comme mission de protéger les œuvres d’art tout en restant cachés des humains. Ce premier tome pose les bases de la rencontre entre Milo et Ésope, tout en projetant les tensions et intrigues à suivre dans les prochains tomes.
Critique :
Passionné d’histoire, l’illustration du livre a su attirer mon attention. Je me suis aussitôt dit que c’était une très bonne idée d’amener l’histoire à des enfants en usant de souris qui se seraient appropriées ces cultures.
Milo est un élève « intello » ; il est complimenté par sa maîtresse et impliqué dans son travail. Sans doute à cause de ce statut, il est moqué par un autre élève, Bastien, et beaucoup d’autres élèves. Ce Bastien est justement le profil classique de l’harceleur ; fait des bêtises, insulte et fait des intimidations physiques.
Ésope, la petite souris, est également différente des siens. Alors que le père est un chef de guerre traditionnaliste, le fils voit les choses différemment ; il veut contacter Milo, éviter les guerres et unir les clans. Il est persuadé que c’est par le verbe que tout se résoudra.
Selon moi, cette ressemblance entre Milo et Ésope n’est pas une coïncidence. Ce sont des jeunes avec une grande curiosité et un attrait pour l’art. Ils sont très différents de ceux qui les entourent.
Aussi, la signification des noms de ces personnages ne semble pas anodine. En latin, Milo peut signifier « soldat courageux » mais aussi « gracieux et aimable » ou « précieux et doux ». Si la première signification ne colle pas, les deux autres lui vont à merveille.
Ésope est grecque. Il semble directement inspiré du véritable Ésope, devenu tellement populaire par ses bons mots qu’il est considéré comme le « Père de la fable ». Ésope (la souris) passe du temps avec sa grand-mère, Aède (conteuse d’histoires) et souhaite également devenir Aède. Cela note la similarité avec le véritable Ésope.
Cette BD a sans doute comme visée de rassurer les enfants qui se sentent différents. Elle montre que la différence peut être une force et servir à faire de grandes choses, à devenir un gardien, ici d’œuvres d’art de grandes valeurs. Le fait de faire d’une « petite souris », l’un des personnages principaux, montre également une valorisation d’enfants dévalorisés. D’ailleurs, le scénariste dédie ce livre à son fils qui vient de naître et l’appelle « petit souriceau ».
Cependant, je garde une certaine réserve sur le livre en tant que tel. Je le trouve bien trop court pour l’étendue de personnages et de complots en cours. Certes, ce livre n’est que le premier tome de cinq livres, mais je l’aurais préféré plus fourni. Ces trente pages de bande dessinée sont lues rapidement par un enfant de 10-13 ans, et on reste sur notre faim. On a à peine le temps d’être introduit à l’univers, aux personnages et aux enjeux, que la BD arrive à sa fin.
Nathan Chenaux 1.3F
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