Auteur: Smriti Halls
Illustrateur : Steve Small
Maison d’édition : Sarbacane, Paris.
Date de parution : 2023 (2022 en anglais)
Âge conseillé / degrés : Dès 3–4 ans / Cycle 1 – début Cycle 2
Critique littéraire:
Le livre « Super potes » est un livre captivant car le thème de l’amitié est omniprésent à l’école et concerne tous les enfants, dès le plus jeune âge. En ouvrant ce livre, je m’attendais à une histoire tendre et amusante, mais je ne pensais pas qu’elle aborderait avec autant de justesse une question délicate : peut-on aimer très fort quelqu’un tout en ayant besoin d’être parfois seul ?
L’histoire met en scène deux amis inséparables, Ours et Écureuil, deux êtres physiquement opposés. Ils font absolument tout ensemble, toujours collés l’un à l’autre. Cette relation fusionnelle semble idéale, jusqu’au jour où Écureuil ressent le besoin de prendre un peu de distance, dû à la place que prend Ours. Ce dernier, blessé, s’éloigne alors complètement. Cette séparation va permettre aux deux personnages de comprendre ce qu’ils ressentent vraiment et de redéfinir leur amitié.
Ce livre m’a fait passer par plusieurs émotions : le sourire au début face à la complicité des personnages, puis un léger malaise lorsque la rupture s’installe, et enfin une vraie joie lors des retrouvailles. L’auteur montre avec beaucoup de finesse que les conflits font aussi partie de l’amitié et qu’ils peuvent la renforcer.
Les illustrations de Steve Small sont un véritable point fort. Simples mais très expressives, elles traduisent parfaitement les émotions des personnages. Les couleurs, les postures et les regards racontent parfois plus que le texte lui-même. La première de couverture, avec les deux amis collés l’un à l’autre, annonce immédiatement le thème de la relation interindividuelle.
Ours est le personnage qui m’a le plus touché, car il incarne l’affection pure, suivi de la tristesse et de l’abandon, des sentiments que certains enfants peuvent ressentir. Je me suis grandement questionné de ce qu’il ressentait lorsque l’amitié semblait rompue.
Le livre « Super potes » évoque alors une métaphore sur les relations interpersonnelles. Le besoin d’affection est personnifié par Ours, alors qu’Écureuil représente le souhait d’autonomie. Leur éloignement démontre que la solution dans une relation, ce n’est pas de couper les ponts, mais d’apprendre à dialoguer et à s’adapter. Le livre permet donc aux enfants de saisir que dire « stop » ou « j’ai besoin d’être seul » n’est ni méchant, ni définitif. On peut également y voir une métaphore sur l’acceptation des différences. Chaque individu possède sa propre façon d’être, d’exister, d’éprouver de l’amour, d’établir des relations et de vivre l’amitié. Cette histoire permet à l’enfant de comprendre qu’une relation saine se base sur l’écoute, le respect des frontières et l’acceptation de l’autre tel qu’il est.
Je conseillerais ce livre aux enseignants et aux parents, puisqu’il propose de multiples opportunités d’utilisation en milieu scolaire ou à la maison, telles que des plénums sur l’amitié, des discussions autour du besoin d’être seul, des travaux sur la gestion de ses émotions, etc. Selon moi, l’auteur a écrit ce livre pour aider les enfants à comprendre que l’amitié n’est pas toujours parfaite, mais qu’elle peut évoluer et grandir en passant par des moments compliqués.
Justin Kolly, 1.2F, CEDP – UniFR
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