{"id":7151,"date":"2025-01-19T18:10:22","date_gmt":"2025-01-19T17:10:22","guid":{"rendered":"https:\/\/blog.unifr.ch\/litteraturejeunesse\/?p=7151"},"modified":"2025-01-19T18:16:12","modified_gmt":"2025-01-19T17:16:12","slug":"quand-jetais-loup","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blog.unifr.ch\/litteraturejeunesse\/2025\/01\/19\/quand-jetais-loup\/","title":{"rendered":"Quand j&rsquo;\u00e9tais loup"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p><strong>\u00a0En bref:\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0 Auteurs :<\/strong> Philippe Lechermeier \u2013 Sacha Paliakova<\/p>\n<p><strong>\u00a0 Illustratrice :<\/strong> Sacha Paliakova<\/p>\n<p><strong>\u00a0 Maison d\u2019\u00e9dition :<\/strong> Gautier Languereau<\/p>\n<p><strong>\u00a0 Date de parution :<\/strong> Octobre 2003<\/p>\n<p><strong>\u00a0 \u00c2ge conseill\u00e9 : <\/strong>\u00e0 partir de 5 ans (4-5H)<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Lorsque j\u2019ai d\u00e9couvert ce livre \u00e0 la biblioth\u00e8que, la premi\u00e8re chose qui m\u2019a intrigu\u00e9e, c\u2019est le titre et le fait qu\u2019il soit exprim\u00e9 au pass\u00e9, \u00ab j\u2019\u00e9tais \u00bb. Je me suis rapidement demand\u00e9 comment un loup a pu \u00eatre un loup et cesser de l\u2019\u00eatre. Au fil des premi\u00e8res pages, je ne comprenais pas vraiment o\u00f9 l\u2019histoire voulait nous emmener, et ce n\u2019est qu\u2019\u00e0 la fin que le livre prit tout son sens. J\u2019ai alors compris que ce livre, riche de ses ann\u00e9es, faisait encore sens dans notre soci\u00e9t\u00e9 actuelle. En effet, le texte aborde des sujets tels que la diff\u00e9rence, les normes soci\u00e9tales, le bien-\u00eatre \u00e9motionnel, la marginalit\u00e9 et le rapport \u00e0 la libert\u00e9. J\u2019ai donc jug\u00e9 pertinent de poursuivre et approfondir mon analyse sur cet ouvrage de litt\u00e9rature jeunesse.<\/p>\n<p>Ce livre m\u2019a pouss\u00e9e \u00e0 la r\u00e9flexion et m\u2019a amen\u00e9e \u00e0 me poser plusieurs questions : quel aurait \u00e9t\u00e9 le sort du loup s\u2019il ne s\u2019\u00e9tait pas adapt\u00e9 aux humains ? Est-il aussi heureux qu\u2019avant ? Sa diff\u00e9rence ne faisait-elle pas sa singularit\u00e9 et son bonheur ? Ces diverses questions m\u2019ont pouss\u00e9e \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 notre soci\u00e9t\u00e9 actuelle et aux normes qui nous sont impos\u00e9es. Si je devais faire un lien avec les enfants, je pense qu\u2019inconsciemment on les endoctrine \u00e0 rentrer dans ces normes, et que ce livre peut \u00e9galement aborder le passage \u00e0 l\u2019\u00e9cole, qui peut \u00eatre difficile. Je ne m\u2019attendais pas du tout \u00e0 cette morale et \u00e0 ce d\u00e9nouement lorsque j\u2019ai lu ce livre la premi\u00e8re fois, et j\u2019ai eu un effet de surprise.<\/p>\n<p>\u00c0 propos des illustrations, j\u2019ai beaucoup appr\u00e9ci\u00e9 la disproportionnalit\u00e9 entre les d\u00e9cors et les personnages. Au d\u00e9but de l\u2019histoire, le loup est en position de sup\u00e9riorit\u00e9 et est illustr\u00e9 comme \u00e9tant plus grand que ce qui l\u2019entoure. Mais lorsqu\u2019il est confront\u00e9 par les villageois, il para\u00eet tout \u00e0 coup tout petit. Ce jeu de proportions est repr\u00e9sent\u00e9 de mani\u00e8re claire et nous aide \u00e0 comprendre le sentiment d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 et de sup\u00e9riorit\u00e9 que l\u2019on peut ressentir. Les couleurs sont vives et souvent mises dans un contraste chaud-froid ou dans un contraste noir-couleur, ce qui attire le regard sur les \u00e9l\u00e9ments plus importants. Les personnages sont illustr\u00e9s de fa\u00e7on tr\u00e8s originale, chaque personnage est vari\u00e9 et a des caract\u00e9ristiques propres. Les illustrations renforcent la morale de l\u2019histoire : l\u2019importance de pr\u00e9server une part de notre nature instinctive, sauvage et libre.<\/p>\n<p>On remarque une opposition entre la couverture et la quatri\u00e8me. Sur la premi\u00e8re, les couleurs sont plut\u00f4t froides et sombres (bleu fonc\u00e9). Le loup est couch\u00e9, la t\u00eate pos\u00e9e sur ses pattes, il a l\u2019air calme et apais\u00e9. Ce n\u2019est pas vraiment la repr\u00e9sentation d\u2019un loup \u00e0 laquelle on pourrait s\u2019attendre. Cependant, sur la quatri\u00e8me, on a une couleur chaude (jaune), et l\u2019on voit quatre facettes diff\u00e9rentes du loup, dont une o\u00f9 il appara\u00eet humain. De plus, le texte nous indique qu\u2019il s\u00e8me le d\u00e9sordre partout o\u00f9 il passe.<\/p>\n<p>Selon moi, l\u2019auteur a \u00e9crit ce livre afin de nous offrir une exp\u00e9rience r\u00e9flexive, pour nous pousser \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur notre place dans la soci\u00e9t\u00e9. Il parle de la vie pass\u00e9e du loup et remet en question ce qu\u2019il a gagn\u00e9 ou perdu en devenant humain, ce qui pourrait illustrer le passage de l\u2019enfance \u00e0 l\u2019adulte. Les enfants grandissent et prennent conscience de leur place dans cette soci\u00e9t\u00e9 et des codes sociaux, puis les adultes regrettent leur enfance et y repensent avec nostalgie. Cette th\u00e9matique s\u2019adapte compl\u00e8tement \u00e0 la litt\u00e9rature jeunesse. L\u2019auteur a r\u00e9ussi \u00e0 faire ressortir beaucoup de sujets encore d\u2019actualit\u00e9 en un seul ouvrage.<\/p>\n<p>Le passage suivant est, selon moi, le moment cl\u00e9 de l\u2019histoire :<br \/>\n\u00ab Je ne suis plus un loup, je vais dans la m\u00eame \u00e9cole que vous, je porte un cartable, j\u2019apprends mes tables. Pourtant, certains soirs, quand la lune est rousse, quand j\u2019ai un chat au fond de la gorge ou un oiseau dans la t\u00eate, je m\u2019assieds sur le bord de la fen\u00eatre et je me souviens de l\u2019\u00e9poque, quand j\u2019\u00e9tais loup. \u00bb<br \/>\nCe passage souligne parfaitement la morale de l\u2019histoire et nous montre que, m\u00eame si on est forc\u00e9s de s\u2019adapter \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 et de suivre les r\u00e8gles, il est imp\u00e9ratif de ne pas perdre le lien avec notre nature profonde au risque de le regretter.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Carolina Alves 1.1F<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":26,"featured_media":7158,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[],"class_list":["post-7151","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-divers"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/litteraturejeunesse\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7151","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/litteraturejeunesse\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/litteraturejeunesse\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/litteraturejeunesse\/wp-json\/wp\/v2\/users\/26"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/litteraturejeunesse\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7151"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/litteraturejeunesse\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7151\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7181,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/litteraturejeunesse\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7151\/revisions\/7181"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/litteraturejeunesse\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7158"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/litteraturejeunesse\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7151"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/litteraturejeunesse\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7151"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/blog.unifr.ch\/litteraturejeunesse\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7151"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}